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Les hôteliers devront investir 3,5 MDH pour rénover 35 000 chambres

L’heure est à la restructuration des fondamentaux touristiques. Les professionnels de ce secteur plaident pour une refonte globale en vue d’atteindre les objectifs fixés dans la Vision 2020.

Il est prévu la mise en place d’aides financières ciblées aux hôteliers.

25 Mai 2012 À 16:42

L’Association nationale des investisseurs touristiques (ANIT) se mobilise pour démontrer que l’acte d’investir est, dans la conjoncture actuelle, un acte éminemment fondateur aux plans économique et social. Pour en débattre, le groupement s’est réuni le jeudi 24 mai à Casablanca. À l’ordre du jour : la situation actuelle du secteur touristique national. Thème des débats : bilan de la Vision 2010 et recommandations pour la Vision 2020.

La rencontre trouve son plein sens dans ce constat en guise de rappel : après un cycle à la hausse qui s’est prolongé jusqu’en 2008, ce secteur a été plombé par une crise économique à l’échelle mondiale. Cette crise, couplée à un dysfonctionnement entre l’offre et la demande, a eu pour effet immédiat la dégradation de la rentabilité du secteur. Aujourd’hui, la Vision 2020 a pour ambition la construction de 200 000 nouveaux lits. C’est un objectif important, mais la Vision est handicapée par la faible rentabilité des capacités existantes. De ce fait, «la réalisation de cet objectif reste conditionnée par le rééquilibrage du modèle économique de l’investissement hôtelier, condition sine qua non à l’enclenchement d’un nouveau cercle vertueux», souligne Karim Belmaachi, président nouvellement élu à la tête de l’ANIT. Dans cette optique de redressement, la nouvelle équipe dirigeante de l’Association fait part, tous azimuts, de ses recommandations pour la remise à niveau du secteur touristique.

Un cadre fiscal incitatif

Pour passer à l’action, l’ANIT appelle à redimensionner les capacités additionnelles planifiées par la Vision 2020 ; chose qui se fera, selon l’Association, à travers la finalisation, en priorité, des projets déjà lancés dans le cadre du Plan Azur ainsi que le gel, dans un premier temps, des autres projets annoncés et non encore démarrés.

L’ANIT plaide aussi pour la rénovation du parc existant. L’augmentation de l’enveloppe du crédit «Rénovotel» est, de l’avis des opérateurs, une solution adéquate sachant que le besoin de l’investissement global étant estimé à 3,5 milliards de DH pour la rénovation de 35 000 chambres, soit un coût unitaire de 100 000 DH par chambre. Il s’agit aussi de mettre en place un cadre fiscal incitatif pour permettre à l’ensemble des destinations de rehausser la qualité des produits offerts, notamment en matière de politique des prix et de qualité des prestations.

L’Association appelle par ailleurs à la mise en place d’aides financières ciblées au profit des tour-opérateurs ainsi que des compagnies aériennes via des fonds régionaux. Cela aura pour effet de permettre le renforcement des capacités aériennes à destination des régions qui sont aujourd’hui insuffisamment desservies et de diversifier l’offre en attirant à la fois les vols charters et les lignes régulières.

La refonte de la fiscalité du secteur et de la Charte de l’investissement est, enfin, à l’ordre du jour des recommandations. Une mise en place d’un régime conventionnel cohérent avec les besoins du secteur, d’un cadre fiscal incitatif en faveur de l’investissement touristique et l’harmonisation de la fiscalité de toute la chaîne de valeur restent toutefois nécessaires pour redonner un nouveau souffle au secteur.

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