15 Octobre 2012 À 18:07
En effet, à côté du projet grandiose de mise à niveau de la ville, lancé par la commune et dont le budget a dépassé les 900 millions de dirhams, le conseil de la ville vient d’amorcer un programme de grande envergure qui vise à réhabiliter et mettre à niveau l’ancienne médina afin qu’elle puisse se projeter dans le futur.
Composé de plusieurs axes, le projet conçu dans le cadre d’une convention, conclue entre la mairie et Al Omrane en 2008, prévoit la réhabilitation de l’aspect architectural authentique de l’ancienne médina, l’amélioration des conditions de vie des populations et la restauration des édifices historiques de ce berceau de la consœur de Rabat, en vue de préserver la charge historique et culturelle qu’elle a véhiculée à travers les siècles. Le programme tend également à mettre en place une stratégie globale de développement durable dans les domaines socio-économiques, culturels et urbanistiques, qui permet de répondre en priorité aux attentes des populations, de favoriser leur adhésion à la préservation et au développement de leurs quartiers et de bénéficier des ressources et potentialités que recèle la médina. «Nous avons privilégié l’approche participative pour permettre à la population qui habite dans cette zone de s’approprier le projet, car le rejet de ce projet par les habitants de la médina pourrait constituer la plus grande entrave et pourrait retarder sa mise en œuvre», indique Khadija Azmani, chef de division de l’urbanisme au sein de la préfecture de Salé.
Pour mettre en œuvre ce projet grandiose, le conseil de la ville a donc mis en place un comité de pilotage composé de tous les partenaires impliqués dans la réalisation de ce méga-chantier et présidé par Mme Azmani. Ledit comité regroupe les ministères de la Culture et du Tourisme, la commune, le département des Habous, Al Omrane et la société civile représentée par l’association Sala Al Madina et l’association Bouregreg, ainsi que les élus locaux. Dès que le comité a démarré ses travaux, il s’est attaqué à l’une des problématiques les plus complexes dont souffre «Lamdina Laqdima», à savoir les maisons menaçant ruine. Il fallait recenser les demeures menaçant ruine et classer celles qui devaient être démolies.
D’après le maire de Salé, Noureddine Lazrak, plus de 300 habitations menaçant ruine ont été recensées, dont 36 fondouks. Après examen de leur situation, le conseil a décidé de démolir 20 bâtisses et de restaurer le reste. «Il s’agit d’un chantier de grande envergure, car il faut démolir les bâtiments les plus affectés, reloger ses habitants, réfectionner les autres demeures et réhabiliter et reconvertir les monuments historiques squattés par la population, notamment les fondouks, afin de préserver ce patrimoine vivant», souligne M. Lazrak. Le maire a commencé donc par déléguer l’opération de démolition des habitats en état de délabrement avancé à une société marocaine. L’opération, qui a déjà démarré, sera menée parallèlement au relogement de 237 habitants qui habitent actuellement dans les fondouks au quartier Said Hajji, dans le cadre d’une action générale qui concernera plus de 800 habitants. Pour pouvoir accomplir cette mission, le conseil a débloqué un budget de 148 millions de dirhams. Une somme à laquelle vient s’ajouter un fonds de soutien accordé par Al Omrane, de l’ordre de 65 millions de dirhams. D’après Mme Azmani, l’architecte en charge du projet, ledit montant sera dépensé par étapes, car à côté des travaux de réfection, la mairie a fait le choix d’acquérir les fondouks pour pouvoir les reconvertir en espaces publics ouverts aux touristes et aux visiteurs.
C’est le cas notamment du fondouk Dar EL Kadi qui sera reconverti, grâce à une enveloppe budgétaire de 8 millions de dirhams, en musée d’instruments musicaux, ou encore de Dar Bouremada, qui deviendra une maison pour accueillir les sujets âgés. La réfection concernera aussi le fondouk de Bab Rahba, Hajji, Sbalioune et Bouôuda. «Nous avons préféré procéder par étapes et réfectionner 4 à 5 fondouks par an, parallèlement à la mise en œuvre d’autres axes du projet de mise à niveau de l’ancienne médina», explique M. Lazrak.
En effet, la réhabilitation des maisons menaçant ruine n’est pas le seul chantier engagé par le conseil de la ville. La mairie mène aussi un programme de revêtement de toute la chaussée dans l’ancienne médina. Les voies étant en mauvais état et généralement revêtues de gros pavés érodés, disjoints et glissants. Les autorités se sont également engagées à réparer les dysfonctionnements au niveau des espaces publics. L’ancienne médina étant dotée d’une architecture ancienne, qui représente d’ailleurs le cœur historique de Salé, regorge de monuments historiques à sauvegarder et à ressusciter afin de les transmettre aux générations futures, avec sa muraille et ses portes, dont Bab Lamrissa, Bab Bouhaja et d’autres monuments qui ont subi des dégradations menaçant leur pérennité, notamment les Sqala et les Borjes. Ce chantier est à un stade avancé de réalisation et le budget en est estimé à 9 millions de dirhams. Il est mis en œuvre par la mairie en collaboration avec le ministère de la Culture.
La revalorisation des espaces verts figure aussi parmi les axes de la mise à niveau de la Médina. Cet axe sera décliné à travers le réaménagement du Jardin Al Firdaous, situé à proximité de la préfecture, et la mise en place par l’agence du Bouregreg d’un nouveau jardin à l’extérieur des murailles de l’ancienne médina, plus précisément à côté du Mausolée de Sidi Benacher. Autant d’actions qui visent à donner une cure de jouvence à une médina longtemps laissée à l’abandon.