Fête du Trône 2006

L’intégration régionale motive la diplomatie dans le Maghreb

Rabat a abrité, samedi et dimanche derniers, la 48e session du comité de suivi de l’UMA ainsi que la 31e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères maghrébins.

31e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA

06 Mai 2013 À 18:46

Après quelques semaines de la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UMA, c’était au tour des ministres des Affaires étrangères de faire le déplacement à Rabat. Ces derniers ont eu du pain sur la planche ce week-end avec un ordre du jour incluant la 48e session du comité de suivi de l’UMA, ainsi que la 31e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA. Le conclave des chefs de la diplomatie avait pour objectif de faire le point sur des questions d’actualité, notamment le processus d’intégration maghrébine. Un sujet récurrent au regard des événements au Mali, en particulier, et de la situation instable et inquiétante dans la zone sahélo-saharienne. Ce faisant, l’intégration maghrébine s’avère, aujourd’hui, plus que jamais nécessaire pour relever le défi de la sécurité et de la stabilité dans l’ensemble de la région. D’ailleurs, Saad-Eddine El Othmani, ministre des Affaires étrangères et de la coopération, a clairement mis cette idée en exergue en soulignant que «la conjoncture critique que traversent le Proche-Orient et la région sahélo-saharienne, surtout après les événements du Mali, a rendu nécessaire une action maghrébine commune pour affronter les menaces, quelle qu’en soit la source».

Ainsi, la 31e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères maghrébin a été consacrée aux voies permettant de renforcer une action maghrébine commune à la lumière des défis et du nouveau contexte que connaît la région. Il s’agit essentiellement de réactiver les mécanismes et les institutions devant se pencher sur cette grande problématique. Sur ce volet, le chef de file de la diplomatie marocaine a mis l’accent sur la nécessité de renforcer davantage le cadre juridique afin qu’il soit en phase avec le contexte actuel. Saad-Eddine El Othmani a ainsi estimé très judicieux «de concevoir de nouveaux instruments d’action en faisant montre d’une volonté politique de traduire dans les faits les textes organisationnels».

Motivation commune des cinq ministres

Les chefs de la diplomatie des pays de l’UMA se sont tous montrés motivés quant à cette impérieuse intégration maghrébine pour faire face aux défis sécuritaires qui planent sur la région. Ainsi, le consensus s’est fait autour de la conjugaison des efforts et la coordination, plus étroite, entre les 5 pays pour l’établissement d’une coopération maghrébine efficace. Outre l’aspect sécuritaire, l’intégration économique maghrébine a également fait l’objet d’un consensus de la part des ministres des Affaires étrangères. El Othmani a saisi l’occasion pour proposer à ses homologues maghrébins d’élaborer «un nouveau système maghrébin préservant les constantes nationales, consacrant les intérêts communs et transcendant les discordes pour ouvrir la voie au dialogue, à la concertation, à la solidarité et au développement commun», pour reprendre son expression. D’après les explications d’El Othmani, ce nouveau «système maghrébin» s’articulera autour du réseautage de bon nombre de volets. Pour le détail, il sera question du réseautage des infrastructures des pays de l’UMA, l’assainissement du climat des affaires ainsi que l’unification des politiques douanières et financières.

À cela s’ajoute la promotion de la liberté de circulation des personnes, des services et des capitaux. Pour le lot, la vision de la diplomatie marocaine quant à cette intégration maghrébine promeut la mise en place d’une nouvelle gouvernance maghrébine, fondée sur une utilisation optimale des potentialités humaines et naturelles dont dispose la région. La mise à niveau de l’UMA, pour qu’elle soit dans les standards des groupements actifs à l’échelle régionale et internationale, est l’autre aspect de la vision marocaine. Pour ce faire, El Othmani appelle à la mise en place des fondements solides d’une action maghrébine conjointe basée sur une stratégie claire susceptible de mettre à niveau à l’UMA.

Sur le volet de la coopération économique, l’accent a été mis sur la nécessité de profiter des facteurs de complémentarité entre les pays de l’UMA ainsi que de tirer profit des potentialités dont regorge la région. Une voie incontournable pour dépasser les défis économiques et financiers auxquels sont confrontés les pays de la région. Dans cet ordre d’idées, le ministre des Affaires étrangères algérien a noté, dans son discours d’ouverture que «cette intégration permettra bien évidemment aux pays du Maghreb de faire face à la crise. Cependant, à ses yeux, il faudra, bien avant la conception de ladite intégration, mettre en place des mécanismes garantissant aux pays leurs propres intérêts». Afin de donner une forte impulsion à l’action commune, sous son volet économique, Abdelhamid Chebchoub, DG des affaires arabes au ministère algérien des Affaires étrangères a appelé à «adopter une nouvelle vision et à réviser les méthodes d’action en vue de réformer les systèmes de l’Union, pour soutenir les capacités économiques des pays de la région à travers plusieurs initiatives dont la création d’une banque maghrébine et le groupement économique maghrébin en vue de mettre sur pied des projets économiques structurants, notamment dans le domaine de l’agriculture, des technologies de l’information et des infrastructures».

Copyright Groupe le Matin © 2026