20 Mai 2013 À 15:34
Finie l’indulgence envers les vendeurs ambulants, du moins dans certains quartiers de la capitale. En effet, à Bab el Had, les «ferrachas» n’ont pratiquement plus quartier libre. Un simple passage dans l’allée Bab Jdid, où les vendeurs ambulants étaient légion, il y a encore quelque temps, permet de constater de visu que ceux-ci ont dû plier bagage. Un constat corroboré par les dires d’un agent des Forces auxiliaires qui dit : «Nous avons reçu, il y a plus d’un mois et demi, des ordres visant à les évacuer d’ici». Le passage à l’acte ne s’est donc pas fait attendre.
Les commerçants qui fustigeaient la concurrence déloyale expriment leur satisfaction de la nouvelle situation. Évoquant le sujet, Hamid, locataire d’une boutique de vêtements à Bab Jdid, fait dans la démonstration et non la modération pour fustiger ses ex-voisins indésirables : «Ils créent des troubles de circulation, de l’insécurité, sont grossiers, laissent des tas d’ordures derrière eux, et font une concurrence déloyale aux commerçants sédentaires du fait qu’ils ne s’acquittent d’aucun impôt et autres charges», fulmine-t-il. Il poursuit : «Depuis que les “ferrachas” ne sont plus là, notre commerce se porte mieux». Les «ferrachas» ne sont donc «plus là».
Mais qu’est-il advenu d’eux ? Ceci ne semble pas être le principal souci pour des agents d’autorité qui «exécutent les ordres» ni pour des commerçants qui se réjouissent de la situation. Quid des pouvoirs publics ? Abdelali Benadir, chef de division des affaires économiques et sociales à la wilaya de Rabat, affirme l’absence d’alternative immédiate, mais présente des solutions à moyen terme : «Cela fait plus d’une année que nous nous travaillons sur un programme visant à limiter le foisonnement des vendeurs ambulants. Nous sommes à la phase du montage financier. Chose qui permettra à plusieurs espaces commerciaux de voir le jour. Lesquels abriteront entre 600 et 700 vendeurs ambulants». Mais cela ne se fera pas avant la fin de l’année 2014».
Les «ferrachas» n’ont donc qu’à prendre leur mal en patience, car leur situation n’est pas enviable non plus. : «Les “ferrachas” sont dans le besoin. Ils ont des familles à leur charge et n’arrivent pas assurer derrière. Mais c’est comme ça !» Notons que la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Rabat a récemment multiplié les rencontres avec les représentants des commerçants et les responsables locaux pour pallier la problématique du commerce informel. La Chambre ne cesse de dénoncer l’ampleur que prend le commerce informel et l’occupation de l’espace public.