Naissance de SAR Lalla Khadija

La vulnérabilité et les politiques de santé en débat

La rencontre se propose de procéder à une évaluation des politiques de santé et de prise en charge des maladies chroniques et lourdes.

18 Avril 2013 À 16:13

Malgré les grandes réformes entreprises ces dernières années pour la mise à niveau du secteur de la santé publique au Maroc, notamment en matière de couverture médicale et de protection sociale, les inégalités dans les domaines de la prise en charge des maladies chroniques et de l’accès aux soins demeurent un sujet de préoccupation majeur, aussi bien pour les professionnels de santé que pour les citoyens. Dans ce contexte, Fès a accueilli les 17 et 18 avril un Colloque international sur le thème «Santé, politiques sociales et formes contemporaines de vulnérabilité», organisé par l’Équipe santé et société du Laboratoire de sociologie de développement social (LASDES) et le Centre Jacques-Berque pour les études en sciences humaines et sociales (CJB). Ce colloque, qui a connu la participation de médecins, d’épidémiologistes et de professeurs-chercheurs, marocains et étrangers, a constitué, selon Mohammed Ababou, coprésident du comité d’organisation, une occasion de procéder à une évaluation critique des politiques publiques de santé et de protection sociale face à la vulnérabilité de larges couches de la population marocaine. «Cette rencontre se propose aussi de procéder à une évaluation des politiques de santé et de prise en charge des maladies chroniques et lourdes. Au-delà même de l’infrastructure médicale à proprement parler, se pose la question du financement des soins et de la pérennité des systèmes de financement. Le système de santé était, à l’origine, dédié aux pathologies aiguës. Il peine, désormais, pour des raisons essentiellement financières et organisationnelles, à répondre aux demandes de soins liées à des maladies chroniques», a-t-il précisé.Le concept de vulnérabilité dans les politiques de santé publique a été expliqué lors de cette rencontre par Anne-Marie Moulin, professeur à l’Université Paris 7. D’après elle, ce concept implique le repérage stratégique d’un point de faiblesse dans un système qui fonde des stratégies palliatives et préventives. «La vulnérabilité est un mode de lecture du social, apparu dans les années 1950 et qui est devenu, depuis, le cadre théorique obligé de l’analyse des risques sanitaires dans les sociétés en général et méditerranéennes en particulier», a-t-elle affirmé.La vulnérabilité et les inégalités face au risque des maladies chroniques au Maroc ont été au cœur de ce colloque. Mustpha Nejjari et Karima El Rhazi, membres du Laboratoire d’épidémiologie et recherche clinique à la Faculté de médecine et de pharmacie de Fès, ont consacré leur intervention à ce sujet. «Le Maroc passe depuis ces dernières années par une phase de transition démographique et épidémiologique avec l’émergence des maladies chroniques. Le profil de ces pathologies au Maroc, comme dans la plupart des pays en développement, est caractérisé par la prédominance des groupes vulnérables qui ont tendance à présenter des taux plus élevés de pauvreté, de faible niveau de scolarisation, de tabagisme, d’inactivité physique et de mauvaise alimentation. Ces groupes éprouvent souvent un stress prolongé dû au manque de ressources économique et d’isolement social», ont-ils expliqué.«Les inégalités dans l’accès aux soins liées aux conditions socio-économiques, à l’implantation inégale des services de soin (concentration en milieu urbain et dans les zones côtières) et au déficit de personnel médical et paramédical sont un autre problème qui s’ajoute aux autres facteurs de vulnérabilité. Des actions multidisciplinaires impliquant médecins, psychologues, épidémiologistes, économistes, etc., pour l’éducation à la santé et la prise en charge de ces groupes fragiles s’avèrent indispensables pour diminuer la charge de morbidité et l’impact psychologique liés aux maladies chroniques», ont-ils ajouté.À noter que les autres thèmes qui ont été débattus lors de ce colloque, concernent notamment la vulnérabilité et la prise en charge du diabète, la vulnérabilité au VIH-Sida, l’accès aux soins, la gestion des ambulances et la gouvernance locale au Maroc, ou encore, les politiques sociales de protection de l’enfant au Maroc.nAfaf Razouki

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