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Un projet de création de six nouvelles écoles nationales d’architecture

Le déficit en matière de ressources humaines dans le secteur de l’architecture se fait de plus en plus sentir. Une seule école nationale d’architecture à Rabat ne pouvant plus alimenter le marché, 6 autres nouvelles écoles verront le jour à l’horizon de 2015.

16 Juin 2013 À 15:23

Combler le déficit en architectes constaté au niveau des agences urbaines et au niveau des collectivités territoriales et réduire l’écart qui nous sépare par rapport à des pays à niveau de développement similaire, tel est l’objectif de la création des six nouvelles écoles nationales d’architecture. Selon les statistiques avancées par le ministère de tutelle, le Maroc a besoin de quelque 3 000 architectes. Actuellement, les chiffres sont révélateurs. 1 seul architecte pour 16 000 habitants au Maroc, alors qu’en Tunisie on retrouve 1 architecte pour 7000 habitants. Le projet de décret, présenté par le département de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, a été adopté par le conseil de gouvernement réuni jeudi dernier à Rabat et voudrait ouvrir l’accès des grandes écoles au profit d’un plus grand nombre d’étudiants, se conformant aux recommandations de la Charte nationale de l’éducation et de la formation et aux dispositions de la loi n° 01-00 relative à l’organisation de l’enseignement supérieur. Selon les dispositions du projet de décret en question, il s’agira des villes de Fès, Marrakech, Casablanca, Agadir, Oujda et Tétouan.

La priorité sera donnée dans un premier temps aux villes de Tétouan, Fès et Marrakech qui disposent déjà d’annexes de l’École nationale d’architecture (ENA), pour passer à l’ouverture des autres écoles à l’horizon de 2015. Les écoles qui seront créées selon les dispositions dudit décret vont à leur tour être soumises dans leur fonctionnement, organisation et régime de formation aux mêmes dispositions du décret régissant l’École nationale d’architecture de Rabat. Le projet de décret, faisant état d’un grand écart entre les demandes d’accès et les places disponibles et la capacité d’encadrement et d’accompagnement pédagogique et scientifique, vise le renforcement de l’offre publique dans le secteur de formation en architecture. En effet, les demandes d’accès à l’ENA ont atteint les 12 000 candidatures pour le compte de l’année 2012/2013 pour 180 sièges disponibles. Cette multitude de demandes a donné lieu à une présélection de plus en plus exigeante éliminant ainsi les bacheliers avec une note de moins de 17,28.

La délocalisation de la formation publique en architecture a pour but aussi d’atténuer le phénomène de concentration des professionnels dans les grandes villes qui accaparent 60% de la totalité des architectes. Le marché qui n’accueille actuellement que 80 lauréats par an pourrait aussi bénéficier d’une amélioration du niveau d’encadrement du secteur et de la fourniture d’un nombre plus important de ressources humaines qualifiées afin d’accompagner la réalisation des équipements et des projets structurants et veiller à l’amélioration de la qualité architecturale. Cette mise à niveau du dispositif de formation pourrait aussi permettre au Maroc d’avoir une autosuffisance en ressources humaines dans le domaine de l’architecture. Ressources à même de garantir le bon déroulement des grands chantiers de développement ouverts, et ce à travers la formation de quelque 3 000 architectes dont le secteur a besoin pour le moment.

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