14 Janvier 2013 À 17:02
Au moment où la demande en produits et services marocains émanant de l’étranger tarde à donner des signes de reprise, notamment à cause du marasme prolongé dans les pays de la zone euro, le Maroc semble devoir encore une fois compter davantage sur son propre potentiel de consommation. La contribution de la demande intérieure à la dynamique économique est même appelée à gagner du terrain, d’après le Haut commissariat au plan (HCP) qui estime que la consommation nationale devrait évoluer à la hausse en 2013, dans une proportion de 5,4% en volume au lieu de 3,1% en 2012. De ce fait, sa contribution à la croissance du PIB passerait ainsi de 3,5 points en 2012 à 6,3 points en 2013, selon le HCP.
C’est essentiellement la consommation des ménages qui tirerait la demande intérieure, en plus de l’investissement brut. En effet, explique-t-on auprès du HCP, la consommation des ménages profiterait en effet de l’amélioration des revenus en 2013 pour s’améliorer de 4,5% en 2013 au lieu de 2,3%, alors que la consommation des administrations publiques ne s’accroitrait que de 3% au lieu de 12,5% en 2012, en raison, explique-t-on, «d’une éventuelle rationalisation des dépenses de fonctionnement non salariées dictée dans l’objectif de la préservation de l’équilibre budgétaire».Cette vigueur en vue de la demande intérieure, essentiellement de la consommation des ménages, associée à la persistance des prix du pétrole brut à des niveaux élevés (110 dollars/baril), exercerait une certaine pression sur les prix intérieurs, et ce malgré l’hypothèse de reconduction des dépenses budgétaires de compensation.Pression sur les prixCette pression sur les prix a d’ailleurs déjà commencé à se faire sentir, même si les pouvoirs publics l’ont attribuée à d’autres facteurs, notamment la vague de froid qu’a connue le pays au printemps dernier. Et c’est justement à partir de cette semaine que l’on devra s’attendre à un retour à la normale des prix des produits agricoles, avec l’augmentation des températures au-delà de 9 degrés et le retour à la production normale de la période, d’après le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, sur fond des augmentations de prix de certains produits agricoles au cours des deux derniers mois de l’année 2012.La dynamique de la demande interne pourrait également profiter d’une détente en vue des prix des produits alimentaires sur le marché mondial, ce qui exercerait un effet multiplicateur sur les importations qui ont tendance à la hausse.
En effet, les importations auraient couvert environ 44,6% du total de la demande finale intérieure en 2012 au lieu de 43% en 2011 et 39,2% en 2010. En revanche, la demande extérieure (exportations nettes de biens et services) ne devrait pas encore renouer avec son niveau d’antan. En fait, explique-t-on, en dépit d’une amélioration attendue de la demande mondiale adressée au Maroc et une baisse des cours du pétrole brut et des autres matières premières, l’évolution des échanges extérieurs dégagerait à nouveau une contribution négative en accentuation. On s’attend même à une contribution négative de cette demande de -2 points de croissance au lieu de -1,1 point en 2012. Ainsi, d’après le HCP, les exportations de biens et services devraient évoluer de 6,3% en volume en 2013, alors que les importations continueraient de s’accroître, sous l’effet multiplicateur du dynamisme de la demande intérieure, à un rythme soutenu de 8,2%. Il est toutefois à noter que certaines prévisions avancent que la zone euro a dépassé le pire dans sa crise et que la relance de l’économie ne devrait pas tarder à arriver.