Naissance de SAR Lalla Khadija

Entre spiritualité et créativité

● La septième édition du Festival de Fès de la culture soufie réunit artistes, intellectuels et confréries soufies autour du thème «Nourritures spirituelles».
● Le public est invité à vivre des moments de grâce dans le cadre d’une expérience spirituelle unique.

Le public découvrira les différentes facettes de la pensée soufie.

02 Avril 2013 À 16:50

Riche de ses magnifiques zaouïas et medersas, la capitale spirituelle a toujours été l’escale de nombreux maîtres soufis. Elle représente aujourd’hui un lieu idéal pour promouvoir la culture soufie et faire découvrir la richesse du patrimoine spirituel, au Maroc et à travers le monde, dans ses expressions artistiques, intellectuelles et sociales. C’est dans ce contexte que Fès accueille, du 13 au 20 avril, la septième édition du Festival de la culture soufie, dédiée au thème «Nourritures spirituelles (Qût al Qulub) : soufisme et créativité». Le président du Festival, Faouzi Skalli, a précisé lors d’une conférence de presse organisée le 29 mars pour présenter le programme de cette édition que le choix de ce thème traduisait la volonté des organisateurs de démontrer que le soufisme est une science des cœurs et une connaissance des «états intérieurs».

«La dimension spirituelle, lorsqu’elle existe, n’est, par contre, aucunement contradictoire avec d’autres dimensions de l’art, de la culture, de la pensée ou de la société qu’elle peut irriguer et nourrir. C’est ce que nous avons voulu souligner dans cette septième édition, du Festival de Fès de la culture soufie, en montrant comment ces deux dimensions, extérieure (zâhir) et intérieure (bâtin), non seulement se complètent, mais permettent d’envisager une nouvelle source d’inspiration et de créativité dans l’ensemble des domaines qui constituent notre culture humaine», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Lorsqu’à l’inverse on s’achemine vers l’amenuisement de cette dimension spirituelle, ceci a pour conséquence de vider le sens religieux de sa véritable substance et de lui substituer une idéologie sociale et politique qui l’éloigne ou le dévoie de sa finalité».

Dans ce cadre, le musée Batha à Fès sera le théâtre de conférences, de concerts, de tables rondes, et de soirées de samaâ et de mouwashahat, portant sur la thématique des nourritures spirituelles. «Le Festival promet cette année au public de vivre des moments de grâce à travers une riche programmation, qui permettra d’appréhender la rencontre entre la spiritualité et la créativité, dans différentes cultures de la civilisation marocaine, et plus largement de l’islam», a indiqué, Faouzi Skalli, commentant la programmation de cette édition du Festival.

Ainsi, des confréries soufies du Maroc (Zamane al Wasl, Tariqas Ouazzaniya, Squalliya, Harraquiya et Qadiriya Boutchichia et Darqawiyya), mais aussi de Syrie (Hamâm Khaïry et l’ensemble Takht de Abderrahmane Kazzoul), de Turquie et de Palestine, prendront part au Festival cette année. Un concert animé par la chanteuse marocaine Ihsane Rmiki, spécialiste des chants arabo-andalous, sera également au menu du festival.Au volet intellectuel, des tables rondes et des conférences étalées sur toute la semaine seront animées par des académiciens, des chercheurs et des maîtres du soufisme venus des quatre coins du monde. Leili Anvar, Amal Arfaoui, Bariza khiari, Touria Ikbal, Salamatou Sow, Mourad Rifi, Azizi Idrissi, Éric Geofroy, ou encore Marie-Odile Delacour, figurent parmi les conférenciers qui feront découvrir au public les différentes facettes de la pensée soufie.

Ils passeront au crible des thèmes portant, entre autres, sur le samaâ soufi, le soufisme et la pensée philosophique, le soufisme et la poésie, l’art et la spiritualité, le soufisme et le patrimoine, le soufisme et la pensée contemporaine et sociale, l’héritage spirituel du Maroc, la singularité et l’universalité de l’expérience spirituelle.

En guise de clôture de ce Festival, les organisateurs ont décidé de dédier la dernière journée à l’âme d’une figure contemporaine du soufisme, l’anthropologue et écrivaine Zakia Zouanat, qui vient de rendre l’âme, en laissant pour testament spirituel une œuvre majeure, dont son ouvrage «le Royaume des Saints». En consacrant ses efforts à la redécouverte du soufisme au profit du monde moderne, par l’illumination de ses valeurs éthiques, spirituelles et sociales qui fondaient le respect et la sacralisation des saints parmi les Marocains, Zakia Zouanat a contribué à faire connaître au public d’aujourd’hui l’histoire du soufisme marocain.

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