29 Avril 2013 À 20:56
UMT : Le plus ancien syndicat L’Union marocaine du travail (UMT) est, historiquement, la plus ancienne structure syndicale au Maroc. Elle a vu le jour quelques mois avant l’accession du Maroc à l’Indépendance. Les historiens estiment que l’UMT a entamé ses activités dans la clandestinité. Selon eux, sa date de création correspondrait à son premier communiqué fait le 20 mars. Cette centrale avait été dirigée par Mahjoub Benseddik depuis sa création jusqu’à décembre 2010. Date à laquelle Miloudi Moukharik lui a succédé.Mais en dépit de cette légitimité historique, ce syndicat a été relégué au deuxième rang en termes de nombre de sièges de délégués. La CDT a pu lui damer le pion remportant 4 356 sièges (4 137 sièges pour l’UMT). Mais en 2009, il a repris sa position de leader.
Après avoir obtenu 3 374 sièges dont 2 481 dans le secteur privé, son terrain favori, et 893 sièges dans le cadre des commissions paritaires, où il est arrivé troisième (après la CDT et la FDT). L’UMT est représentée à la deuxième Chambre du Parlement par sept conseillers. Malgré le fait qu’il compte parmi ses rangs plusieurs personnalités affiliées à des partis politiques, ce syndicat se dit indépendant. Outre l’indépendance qui signifie, selon lui, la défense de la classe ouvrière de «toute utilisation de la part de l’État, d’un parti politique ou du patronat», ce syndicat fait siens deux autres principes, à savoir la «jamahiriya» (l’ouverture sur les masses et sur tous les ouvriers quels que soient leurs secteurs d’activité) et «démocratie syndicale» (qui signifie la garantie de la libre participation syndicale pour tous les membres du syndicat). Mais, ce principe semble être de plus en plus contesté puisque des membres mécontents déplorent le non-respect des statuts résolutions du dixième congrès de l’UMT et l’éviction trois membres élus du secrétariat général. La fronde qui s’amplifie serait le signe avant-coureur d’une scission interne. Sur le plan international, l’UMT est présente au sein de plusieurs organisations notamment la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et l’Union des syndicats des travailleurs de l’Union du Maghreb arabe (USTMA)…L’UGTM : Le syndicat aux 300 000 membresL’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), connue pour être l’aile syndicale du parti de l’Istiqlal, a été créée le 20 mars 1960. Mais elle n’a été reconnue qu’à partir du 20 mars 1963. Cette centrale a été dirigée depuis 1963 par l’istiqlalien Abderazak Afilal jusqu’à la tenue d’un congrès extraordinaire en janvier 2006 où il a dû se contenter du titre de «conseiller de l’organisation». À partir de cette date, c’est Mohamed Benjelloun Andaloussi qui avait pris la relève. Le changement du secrétaire général, en 2006, ne s’est pas accompagné du changement des membres du bureau exécutif qui a été reconduit ainsi que les secrétaires généraux de fédérations et syndicats nationaux. Mohamed Benjelloun Andaloussi est resté à la tête de l’UGTM avant d’être éjecté par les siens. C’est Hamid Chabat, qui a pris alors les commandes à l’issue du neuvième congrès de l’organisation, tenue en janvier dernier 2009. Concernant l’élection des membres des commissions paritaires dans le secteur public de 2009, l’UGTM a eu, lors des dernières élections professionnelles, 8,36% des sièges (599 sièges). Elle a été ainsi classée troisième après la CDT, la FDT et l’UMT. Pour le secteur privé, elle a obtenu 5,71% des sièges soit 1 045 sièges, classée troisième après l’UMT et la CDT. Rappelons qu’en 2003, elle avait été classée troisième centrale syndicale selon les résultats des élections professionnelles. Il est à noter, par ailleurs, que cette centrale syndicale est la seule à publier le nombre de ses adhérents et des détenteurs des cartes d’adhésion. Selon elle, le nombre de ses adhérents est de l’ordre de 300 000 membres et 54 200 adhérents.
Les différents secteurs professionnels y sont représentés notamment l’enseignement, l’agriculture, la santé, la poste et télécommunications, le transport, les collectivités locales, l’énergie et les mines, les finances, l’habitat… Sur le plant du partenariat international, l’UGTM est membre de la Confédération mondiale du travail (CMT), de l’Organisation arabe du travail (OAT) et de l’Organisation démocratique syndicale des travailleurs africains (ODSTA).L’UGTM dit avoir l’intention de se restructurer en se dotant d’antennes régionales avec l’instauration d’une autonomie administrative et financière. La CDT : D’une scission à l’autre La Confédération démocratique du travail (CDT) a été créée en novembre 1978. Son secrétaire général est Noubir Amaoui qui occupe ce poste depuis la création du syndicat. La CDT est née d’une scission au sein de l’UMT menée par des militants de l’USFP. D’ailleurs, la Confédération a toujours entretenu de rapports quasi organiques avec ce parti politique jusqu’au sixième congrès de ce dernier en mars 2001. À l’époque les dissensions qui minaient l’USFP ont fini par se répercuter sur son aile syndicale. C’est ainsi qu’une autre scission s’est produite. Elle a été menée par les syndicalistes fidèles à l’USFP qui ont quitté la CDT pour constituer la Fédération démocratique du travail (FDT). Pour autant, la CDT n’était pas au bout de ses peines. Un départ massif de militants a été observé à la suite du retrait de l’ancien compagnon de Noubir Amaoui, Abdelmajid Bouzoubaâ. Celui-ci a formé une autre centrale syndicale, l’Organisation démocratique du travail.
Malgré tout, la CDT arrive toujours à se positionner comme un des principaux syndicats marocains comme le démontrent ses scores lors des élections professionnelles. En effet, en 2003 elle était parvenue à accaparer plus du tiers des sièges occupant la première place en termes de sièges de délégués (34,08%, soit 4 356 sièges). Mais, en mai 2009, elle a quelque peu régressé en descendant à la deuxième position après l’UMT avec 2 887 sièges (1 494 sièges dans le public, c’est-à-dire le premier syndicat dans ce secteur et 1 393 sièges dans le secteur privé, deuxième syndicat après l’UMT).La confédération dit défendre les valeurs du progressisme, de l’indépendance, de la démocratie, de la «jamahirya» (l’ouverture sur les masses) et de l’unité. Cette centrale qui n’arrive toujours pas à réunir son cinquième congrès avait refusé de se présenter aux élections du renouvellement de la deuxième Chambre en octobre 2009. Il est à signaler qu’on assiste ces derniers mois à un rapprochement entre elle et la FDT, une alliance qui semble être dictée par l’impératif de contrer la popularité du gouvernement mené par le PJD (la FDT est proche de l’USFP qui est dans l’opposition).
Le syndicat de Noubir Amaoui se caractérise, aujourd’hui par la diversité politique de ses membres (gauche, extrême gauche, des islamistes…). Sur le plan de la présence internationale, la CDT est membre de la Confédération mondiale du travail (CMT) et de l’Organisation arabe du travail (OAT)…La FDT : Le plus jeune des grands syndicatsLa Fédération démocratique du travail avait été créée en avril 2003 dans le prolongement de la scission qu’a connue l’USFP. Les militants pros ont préféré quitter la CDT de Noubir Amaoui pour constituer la FDT. Les syndicats sectoriels de 18 secteurs avaient participé au congrès constitutif de la Fédération avec comme objectif d’être le porte-drapeau d’un «mouvement syndical authentique». La Fédération avait réussi également à attirer plusieurs militants de l’ex-PSD (Parti socialiste et démocratique) qui ont rejoint, plus tard, l’USFP. Le premier SG élu était Taïb Mounchid en 2003. En 2006, c’est Abderrahman Al Azouzi qui a pris la relève avant d’être confirmé dans ce poste à la suite du congrès de 2010. La FDT occupe le troisième rang en termes de représentativité, selon les résultats des dernières élections professionnelles de 2009 qui lui ont permis d’améliorer son classement. Si elle avait décroché 1 527 sièges en 2003, selon les données du ministère de l’Emploi, elle a obtenu 1 923 sièges en mai 2009 (1 240 dans le secteur public et 683 dans le privé).Dans le souci de renforcer les mécanismes de démocratie interne, les statuts de la FDT prévoient que le SG ne peut prétendre à plus de deux mandats. Selon les chiffres qu’elle avance, cette centrale compte environ 50 000 adhérents qui appartiennent aux 22 syndicats sectoriels et aux 39 unions locales. Le syndicat avait consolidé sa position en accueillant les mécontents de la CDT. De même qu’il est arrivé à drainer vers lui les parlementaires démissionnaires de la CDT. C’est ainsi qu’il a pu former un groupe parlementaire au sein de la deuxième Chambre sous le nom du «Groupe fédéral de l’unité et de la démocratie», dirigé par Mohamed Daidaa. Il a attiré vers lui également les mécontents de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM). L’UNTM : Le syndicat des islamistes L’Union nationale des travailleurs au Maroc (UNTM) a vu le jour en 1973. Elle dépendait du parti de Dr Abdelakrim Khatib (MPDC). Depuis l’intégration, au début des années 90, des islamistes d’Al Islah Wa Attawhid dans ce parti, qui a pris ensuite le nom du PJD, ce syndicat a pris un essor considérable. Il est devenu une centrale syndicale de premier ordre surtout dans le secteur de l’enseignement et de la santé. C’est Hadj Abdesslam Maâtti qui a occupé le poste de SG de l’UNTM jusqu’au quatrième congrès (2 005) où il a été remplacé par Mohamed Yatim, une autre figure de proue du PJD. M.Yatim a rempilé à la tête de l’Union à l’issue du cinquième congrès (2010). Cependant, Hadj Abdesslam Maâtti a contesté cette élection allant jusqu’à organiser un congrès extraordinaire pour «dénoncer la mainmise» du Mouvement unicité et réforme et du PJD sur le syndicat. Mais sa tentative a fait long feu. Depuis sa création, l’UNTM avait annoncé la couleur (islamiste) et cherché à se positionner sur un paysage syndical acquis aux principes de gauche. Les principes qu’elle dit défendre sont ceux de l’authenticité, l’engagement, la responsabilité, la Choura et la démocratie, l’indépendance, l’ouverture sur les masses et l’unité de la classe ouvrière. Parmi ses objectifs figurent la volonté de défendre le droit et les libertés syndicales, le renforcement de la conscience syndicale, la défense des politiques sociales…En 2003, elle parvient à s’imposer comme étant un partenaire social et donc faisant partie des syndicats les plus représentatifs. À ce titre, elle prend part au dialogue social (patronat-syndicats-gouvernement). Après des résultats relativement modestes aux élections de 2003, elle a amélioré son score de 2009 avec 1068 sièges (548 sièges dans le public et 520 dans le secteur privé), même si elle reste à la cinquième position.
L’UNTM est faiblement représenté au Parlement à la Chambre des conseillers avec trois conseillers (deux conseillers avant octobre 2009) quoiqu’elle affirme être la première force syndicale dans plusieurs villes. Mais, il y a quelques mois, un mouvement de mécontentement a été signalé dans ses rangs. C’est ainsi que des membres de la Fédération nationale de l’habitat et de l’urbanisme qui appartenait à l’UNTM l’ont quittée pour former un nouveau syndicat baptisé le «Syndicat marocain indépendant des secteurs de la construction, de l’habitat, de l’urbanisme et du développement de l’espace». De même, à Tanger, il a été relevé la démission du secrétaire provincial de l’UNTM, Mohamed Sandi, qui a rejoint la FDT. Ces mécontents parlent d’absence de démocratie interne. Chose que démentent les dirigeants de l’Union.