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Bon cru 2012 pour «Damane Assakane»

Selon la Direction du Trésor et des finances extérieures, ce sont plus de 98 000 prêts qui auront été garantis pour un encours global de près de 16 milliards de dirhams.

Le ministère de l’Habitat prévoit de booster l’offre de logements pour porter la moyenne annuelle à 100 000 unités dans le social. Ph. DR

25 Juin 2013 À 17:18

De bonnes performances pour «Damane Assakane» en 2012. Selon la Direction du Trésor et des finances extérieures (DTFE), ce sont plus de 98 000 prêts qui auront été accordés dans le cadre de ce fonds pour un encours total de près de 16 milliards de dirhams.

Le nombre de ménages bénéficiaires de la garantie Fogarim (pour les revenus irréguliers et modestes) aura progressé durant cet exercice de 17% à 87 000, soit au total plus de 380 000 personnes. Le tout pour un encours de 12 milliards de dirhams. Globalement, la production de Fogarim frôle les 12 000 prêts à fin 2012 pour un montant global de 2 milliards de dirhams, réalisant de la sorte une progression de 18%. La part des femmes bénéficiaires aura atteint un niveau important puisqu’une répartition par genre dégage une proportion de 51% de prêts garantis accordés à des femmes. Selon la DTFE, les taux d’intérêt appliqués aux prêts Fogarim auront marqué une légère baisse. Le calcul effectué par les analystes de la direction du Trésor fait ressortir en effet un taux d’intérêt moyen de 6,24% alors qu’il était de 6,36% une année auparavant. Fait marquant : l’année 2012 a vu la part des prêts Fogarim pour la construction de logements se contracter de 6 points à 2%. La DTFE souligne en outre que pratiquement plus personne ne recourt à ce fonds pour acquérir un terrain et le construire. D’ailleurs, la part de cette catégorie de bénéficiaires est nulle sur les deux dernières années.

Une analyse des quartiles de la structure des prix des logements Fogarim montre, selon la DTFE, une concentration pour les coûts de plus ou égaux à 200 000 dirhams, qui représentent 63% du total des prêts accordés en 2012, contre 72% en 2011. À noter aussi que 93% de la production du fonds a été assurée par trois banques de la place, à savoir le CIH (47%), la BCP (31%) et BMCE Bank (14%). Les prêts moyens de la BCP et du CIH ont enregistré une hausse de 13 et 4% respectivement entre 2011 et 2012, alors que ceux de BMCE Bank ont baissé. Toutefois, le prêt moyen octroyé par la banque de Othmane Benjelloun demeure supérieur à ceux des autres banques (168 036 dirhams).

Quant aux prêts garantis par Fogaloge (destiné aux fonctionnaires), ceux-ci ont atteint près de 4 447 pour 1,41 milliard de dirhams. Soit une production moyenne mensuelle de 339 prêts contre 288 en 2011. Notons que 1 550 prêts (38% du total) pesant 651 millions de dirhams ont été accordés à des MRE. Les taux d’intérêt appliqués n’auront pas changé d’un iota puisqu’ils sont restés à leur même niveau de 2 011, soit 5,8%. L’analyse de la structure des prix des logements garantis par Fogaloge fait apparaitre, selon les données de la DTFE, une certaine disparité. Concrètement, 57% des logements ont un coût de moins de 400 000 dirhams en 2012 dont 30% inférieurs à 250 000 dirhams (logement social).

Et contrairement à la garantie Fogarim, la répartition des bénéficiaires par genre fait dégager une prédominance des hommes. Les femmes représentent à peine 36% de la production globale de Fogaloge. Par ailleurs, la garantie Fogaloge aura bénéficié à des ménages issus de 114 villes et localités des différentes régions du pays. Casablanca pointe en tête avec 840 prêts, soit 21% de la production annuelle globale. Les villes de Tanger et Fès se positionnent aux deuxième et troisième rangs en réalisant des productions annuelles respectives de 419 et 258 prêts.

Selon la DTFE, les cinq premières villes en termes de production s’adjugent 47% de la production totale de Fogaloge. Une concentration estimée à 64% pour les dix premières villes. La production de l’ensemble de ces fonds de garantie devrait poursuivre son trend haussier sur les trois ans à venir. D’autant plus que le ministère de l’Habitat prévoit dans son plan d’action 2012-2016 de booster l’offre de logements pour porter la moyenne annuelle à 100 000 unités dans le social. Il compte également réaliser plus de 170 000 nouvelles unités dans le programme «Ville sans bidonvilles». La classe moyenne a aussi sa place dans le plan d’action de Nabil Benabdellah. Ici, le déficit en logements doit être réduit de moitié en le ramenant à 400 000 unités d’ici 2016, au lieu de 840 000 actuellement. Encore faut-il que les promoteurs privés jouent le jeu. 

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