02 Juillet 2013 À 16:28
La gestion des affaires publiques ne peut se concevoir durablement que si les espaces urbains sont bien gérés. L’absence d’une vision prospective et d’un schéma d’aménagement de l’espace urbain est à l’origine de l’éternel problème de l’occupation illégale du domaine public. Les descentes musclées des services de police, auxquelles les habitants se sont accoutumés, n’ont pas eu l’effet escompté et n’ont pas dissuadé les marchands ambulants, de plus en plus nombreux, d’occuper sans crainte divers axes, espaces et places de la ville. Même les places en face des mosquées ont été investies, suscitant le mécontentement des fidèles et des autres commerçants en situation régulière.
Mohammédia parviendra-t-elle à régler cet épineux problème qui dénature le paysage urbain et véhicule une fausse image d’une ville pourtant toujours en quête d’une solution susceptible de sauvegarder les intérêts et les besoins de cette catégorie fragile de personnes ? Les marchands ambulants continuent à exposer divers produits alimentaires et marchandises d’origines douteuses sur la voie publique, sans aucun souci d’hygiène ni des problèmes d’encombrement et des gênes qu’ils occasionnent.
Les multiples programmes de déplacement et d’intégration des marchands ambulants aux quartiers Mesbahiat, Saâda, Rachidia, Hassania ont échoué. L’échec de la politique de fixation des marchands ambulants est dû essentiellement aux emplacements inadaptés des marchés, situés loin des agglomérations ainsi qu’au manque d’accompagnement et de suivi des marchands ambulants pour les aider à réaliser leurs projets. Au-delà de la problématique de la bonne gestion des affaires économiques et sociales, une attention particulière doit être accordée au volet social de la ville pour combler les dysfonctionnements. Dans ce cadre, il est essentiel de mettre en place les moyens nécessaires et apporter des solutions pratiques.
Le flux des marchands ambulants ne pourrait être contenu que grâce à des solutions privilégiant des mesures sociales et des mécanismes de financement pour aider les marchands ambulants à exercer et développer leurs activités dans la légalité. Pour cela, le conseil de la ville doit songer à déplacer les marchands ambulants de Mohammedia dans des marchés adaptés, aménagés et dotés des infrastructures requises. Il faut par ailleurs revoir l’organisation des marchés existants, en particulier le soi-disant marché de gros de Mesbahiat qui génère une multitude de problèmes d’hygiène et d’environnement.
Dans le même sillage, il est nécessaire de restructurer les zones commerciales sur la base d’un plan de réaménagement des zones investies par les marchands ambulants. Le commerce ambulant n’est régi par aucune législation. Le problème préoccupant de la réglementation et du contrôle de l’activité des marchands ambulants sur les voies publiques reste posé. «Nous sommes, a précisé Brahim Mohamed, militant associatif, outrés par les effets négatifs du commerce informel». «Il est temps de songer à une mise à niveau de ce secteur qui tienne compte d’un certain nombre de paramètres pour réussir une intégration adaptée des marchands ambulants. La solution exige la création de marchés supervisés par les autorités locales et dont l’activité est limitée à des horaires fixes», a-t-il ajouté.
Pour tous, le phénomène des marchands ambulants à Mohammedia a pris de l’ampleur et nécessite une solution globale, notamment l’installation des marchands ambulants dans des zones spécifiques où le commerce ambulant serait toléré, durant certains jours et à des heures précises. De plus, la priorité doit être donnée aux marchands ambulants résidant à Mohammédia.