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Hamid El Kasri, le gnaoui de tous les temps

● Hamid El Kasri se produira, le 28 mai prochain, à la 12e édition du Festival Mawazine Rythmes du Monde.
● Le grand maître de la musique gnaouie a su asseoir sa réputation au-delà des frontières.

Le grand «maalem» a su s’imposer sur la scène internationale.

08 Février 2013 À 16:05

Ce natif du nord du Maroc en 1961 (Ksar-El Kébir) a, depuis les débuts de sa carrière, fait parler de lui en tant que musicien virtuose et chanteur exceptionnel. Hamid El Kasri n’a pu échapper à ce choix musical avec lequel il a grandi dans sa famille paternelle, descendante d’une lignée d’esclaves soudanais.«Tagnaouite pour moi est quelque chose d’inné, puisque j’ai grandi dans une famille gnaouie et j’ai toujours été en contact avec les zaouïas. C’est un don de Dieu qu’il fallait seulement travailler pour le mettre en valeur. Un vrai gnaoui est habité par cet art et ne peut jamais s’en séparer, même s’il ne lui rapporte rien. Il faut dire que la pratique de cet art est une lutte continue pour le sauvegarder et le mettre en valeur», souligne Hamid El Kasri, devenue une référence gnaouie.

Ses montées sur scène sont toujours bien accueillies par tous les publics, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Et pour cause, sa maîtrise du guembri et sa voix envoûtante ne laissent pas indifférent. Dès ses premières notes de musique, il arrive à capter les cœurs et les esprits de ses fans et des autres initiés à cette musique. Il est arrivé à appâter les différents mordus de l’art gnaoui, qu’ils soient du nord ou du sud du Maroc, en créant un mariage des plus harmonieux entre les deux tendances. «J’ai commencé par découvrir toutes les écoles gnaouies qui existaient au Maroc, puis je me suis mis à expérimenter des fusions, quand cela était possible, entre les différentes tendances. Parce qu’en général, chaque école est restée cloitrée dans son style, sans jamais s’ouvrir à d’autres. Alors qu’à travers ces fusions, nous pouvons enrichir le répertoire gnaoui et le rendre plus attrayant», explique l’artiste dont les apparitions sont toujours couronnées d’un grand succès, d’autant plus qu’en dehors de son répertoire gnaoui, Hamid El Kasri chante avec brio d’autres chansons à tonalité religieuse qu’il porte à merveille avec sa voix chaude et captivante. «Tagnaouite est connue pour sa prédilection pour la spiritualité, elle évoque les prophètes et les autres saints connus dans le monde musulman.

Ce sont en général des incantations qu’on ressent profondément. C’est pour cela que ces paroles arrivent à toucher le public. J’avoue que moi-même, il m’arrive d’ajouter des mots qui m’émeuvent, quand je sais qu’ils peuvent produire impression sur le public».Son riche répertoire, résultat du croisement de son savoir avec ceux d’autres confréries et d’autres styles, le place au niveau des vraies stars du Maroc. En digne représentant de la musique gnaouie, sa popularité l’a propulsé au-devant de la scène et l’a amené à travailler aux côtés de grands maâlems de différentes régions tels «Al Gharbaoui» à Rabat, «Al Marsaoui» à Essaouira et «Soussi Al Amazighi», considérés comme les meilleures voix dans ce domaine. Ensemble, ils ont tourné un peu partout dans le monde. Hamid El Kasri a, également, brillé sous d’autres cieux en compagnie d’artistes internationaux avec qui il a réalisé des fusions et de nombreuses tournées. «C’est un art qui a pris de l’élan chez nous. Il a beaucoup de fans, et ce, grâce au Festival d’Essaouira qui a fait découvrir beaucoup de gnaouis et leur a donné la possibilité d’être appréciés par de grands musiciens internationaux», renchérit-il.

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