08 Février 2013 À 20:05
En matière de santé, la réponse globale aux besoins spécifiques des élèves, des étudiants et des jeunes non scolarisés est tributaire d’une collaboration intersectorielle efficace et d’un partenariat clairement défini. Conscients de cet impératif, cinq départements ministériels (Santé, Intérieur, Jeunesse, Éducation nationale, Enseignement supérieur) ont adopté jeudi dernier un plan d’action conjoint lors de la tenue à Rabat de la première rencontre nationale sur la santé scolaire et universitaire. Cette nouvelle feuille de route dont la mise en œuvre nécessitera une collaboration étroite entre les cinq ministères s’étale sur cinq années (2013-2018) et comprend une batterie de mesures. Parmi ces dernières, nous pouvons citer la mise en œuvre d’un plan de prévention des risques au niveau des établissements scolaires, le renforcement des infrastructures de sport et de loisirs de proximité et la consolidation de la couverture sanitaire en milieu rural, y compris en matière d’organisation de caravanes médicales spécifiques au milieu scolaire. Le plan prévoit aussi l’instauration de mécanismes de contrôle des conditions d’hygiène et de sécurité au niveau des établissements d’enseignement, d’hébergement et de jeunesse ainsi que la production et la diffusion de nouvelles normes d’hygiène et de sécurité à observer au niveau des établissements scolaires et universitaires et dans les camps de vacances.
L’adoption de ce plan d’action devrait permettre de protéger et promouvoir la santé des élèves et leur garantir un meilleur développement physique et mental. Il faut dire qu’il était grand temps. Les chiffres contenus dans les rapports d’activités du programme national de santé scolaire et universitaire sont alarmants : 50% des enfants et des jeunes scolarisés souffrent d’affections bucco-dentaires, 39% de maladies infectieuses, 7% de déficiences de l’acuité visuelle dépistées à l’échelle métrique. Par ailleurs, les études et enquêtes réalisées auprès des adolescents et des jeunes au niveau national ont révélé que 15,5% des élèves âgés entre 13 et 15 ans sont des fumeurs et que 8% des jeunes garçons et 3,5% des filles consomment des boissons alcoolisées ; tandis que l’usage des drogues concerne 3%.D’après le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi, le plan d’action adopté par les cinq ministères vient s’ajouter aux nombreuses mesures prises par le département de la Santé au profit des jeunes. D’après lui, le ministère de la Santé développe depuis plusieurs décennies des actions essentiellement préventives au profit de la population scolaire et universitaire, et ce, dans le cadre d’un programme national de santé scolaire et universitaire. Ainsi et afin d’atteindre les objectifs fixés dans le cadre de ce projet, la coordination établie depuis plusieurs années avec les quatre autres départements a abouti à la signature d’un accord-cadre en 2003.
Cependant, malgré les efforts consentis par le département de tutelle et les différents intervenants, diverses contraintes entravent encore la mise en œuvre d’une politique cohérente et intégrée en matière de santé scolaire et universitaire et de promotion de la santé des jeunes non scolarisés. Parmi ces entraves, le poids démographique important de la population des élèves (le Maroc compte environ 10 millions d’élèves), ce qui rendait les actions accomplies par le ministère insuffisantes. Afin de pallier ces insuffisances, une stratégie de santé scolaire et universitaire et une autre stratégie portant cette fois sur la promotion de la santé des jeunes ont été élaborées dans le cadre d’une approche participative intégrant d’une manière cohérente et coordonnée les interventions des différents partenaires.
Par ailleurs, un comité intersectoriel a été institutionnalisé en 2011 dans l’objectif de réactualiser l’accord-cadre signé en 2003. La version définitive de l’accord-cadre a été ainsi ratifiée de nouveau par les cinq ministres il y a quelques mois. Les partenaires se sont accordés, en vertu de cette convention, à échanger leurs expertises et compétences en vue de mutualiser les ressources matérielles et humaines dans l’objectif d’aider cette frange de la population à préserver sa santé et lutter efficacement contre les problèmes qu’elle est susceptible de rencontrer et qui risquent de nuire à son avenir social et éducatif.