Fête du Trône 2006

Mission extrêmement délicate pour le chef du gouvernement

Les tractations pour la formation d’une nouvelle majorité ne seront pas de tout repos. Le RNI figure en tête des partis politiques à contacter par le chef du gouvernement. D’autres formations politiques pourraient figurer sur la liste des négociations. «En politique, rien n’est impossible», dit-on.

10 Juillet 2013 À 20:09

L’échiquier politique vit au rythme des spéculations depuis l’annonce du retrait effectif du Parti de l’Istiqlal du gouvernement. Les prochains jours s’annoncent décisifs. Une délicate mission attend le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour sauver sa majorité et éviter le scénario tant redouté des élections anticipées. Il est appelé à accélérer la cadence pour trouver un nouvel allié. Tous les regards sont tournés vers le RNI. Mais jusque-là, aucun contact n’a eu lieu entre Benkirane et le président des Bleus, Salaheddine Mezouar. C’est ce qu’a assuré, hier matin, une source au sein du parti de la colombe.

Les Rnistes préfèrent attendre l’issue des démissions des ministres de l’Istiqlal avant d’entamer une quelconque négociation avec le chef de l’Exécutif. La tâche de Benkirane ne sera pas aisée, vu que certains dirigeants du RNI ne voient aucun intérêt pour leur parti à participer au gouvernement. Ces derniers sont en effet tiraillés entre l’image de leur formation politique et la nécessité de servir, en premier lieu, l’intérêt du pays dans cette conjoncture économique et politique. «Il s’agit d’un véritable dilemme ! Le coût de la participation va être lourd pour le RNI. Mais si on réfléchit à l’impact de la crise politique actuelle sur notre pays, une autre analyse s’impose. Il faut veiller à garder l’exception marocaine. Si seulement l’UC pouvait faire l’affaire, on aurait été soulagé», souligne un Rniste.

Si des voix au sein du RNI espèrent rester dans l’opposition pour achever la restructuration du parti et le renforcer politiquement, d’autres réclament la participation au gouvernement. Ces derniers estiment qu’il est temps de sortir des rangs de l’opposition, d’autant plus que les députés indépendants ont été, tout au long d’une année et demie, effacés et faibles. Ils sont conscients que l’entrée au gouvernement n’est pas une tâche aisée. Les cadres brillants dont dispose le parti ne sont pas, en effet, très nombreux. Et c’est justement l’un des axes sur lesquels travaille Salaheddine Mezouar. Une lourde mission incombe désormais à ce dernier. Il ne pourra donner un signal vert à Benkirane sans l’aval du conseil national de son parti. Toute décision devra, en effet, être prise dans le cadre des institutions du RNI.

Rien ne semble donc acquis à l’avance, contrairement à une certaine époque marquée par le leadership des dirigeants des partis politiques qui prenaient les décisions sans se référer à leurs bases. Le chef du gouvernement devra chercher des pistes en parallèle à celle du RNI. Pour Reda Benkhaldoune, député et membre du secrétariat général du parti de la lampe, les négociations ne seront pas limitées au RNI, mais pourraient englober aussi les autres partis de l’opposition. «En comparaison avec l’USFP et le PAM, le RNI arrive au premier rang, en dépit des divergences qui ont eu lieu. Cette situation n’empêche pas de prendre contact avec différents partis. L’UC figure aussi sur la liste», relève-t-il.

Même le PAM pourrait être contacté, et ce, malgré les bras de fer qui ont toujours marqué les relations de ce parti avec le PJD. Le président du groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des représentants, Mohamed Moubdiaâ, tient à rappeler à cet égard qu’en politique, rien n’est impossible. Ce parlementaire haraki estime qu’avant de pouvoir se prononcer officiellement sur les différentes pistes, il y a lieu d’évaluer la situation au sein des instances dirigeantes des partis politiques formant l’actuelle majorité.

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