20 Mai 2013 À 15:37
Quelque 200 suspects ont été interpellés. Ceux qui n’ont rien à se reprocher seront relâchés, mais ceux dont la violation de la loi est prouvée seront poursuivis en justice, a déclaré Ali Larayedh, qui participait à une conférence à Doha.La loi s’appliquera à tous les suspects «sans exception, qu’ils soient d’Ansar Ashariaa ou d’autres» formations en Tunisie, a-t-il ajouté. Dans une déclaration publiée lundi par le quotidien arabe Al-Hayat, M. Larayedh a fait également état de l’arrestation, en deux jours, de 200 salafistes présumés. «Ce groupe exerce la violence, s’oppose à l’État et se rebelle», a-t-il accusé dans Al-Hayat.Le Premier ministre tunisien a également indiqué à la télévision d’État que le mouvement salafiste tunisien «Ansar Ashariaa» est «impliqué dans le terrorisme». «Ansar Ashariaa est une organisation illégale (...) qui est impliquée dans le terrorisme», a-t-il dit. En réponse, «nous allons y faire face avec une extrême fermeté, mais dans le cadre de la loi. Nous serons inflexibles», a prévenu M. Larayedh, un ancien ministre de l’Intérieur et membre influent du mouvement Ennahda, qui dirige le gouvernement.
Une personne a été tuée dimanche à Tunis et une quinzaine de policiers et militants salafistes blessés dans des heurts entre forces de l’ordre et partisans du mouvement jihadiste «Ansar Ashariaa» après l’interdiction de la tenue de son congrès à Kairouan.«Une personne est morte des suites d’une blessure par balle», a indiqué la surveillante générale de l’hôpital Mongi Slim de la Marsa, Mounira Ben Ghazi. Le décès a été confirmé par le ministère de l’Intérieur. Un précédent bilan du ministère avait fait état de onze blessés dans les rangs de la police et trois parmi les manifestants, un policier et un militant salafiste étant dans un état grave.Faute d’avoir pu tenir son congrès à Kairouan, à 150 km de Tunis, bouclée par un impressionnant dispositif de sécurité, «Ansar Ashariaa», un groupe considéré comme proche d’Al-Qaïda, a appelé ses partisans à se rassembler Cité Tadamone, un bastion salafiste à 15 km à l’ouest de la capitale.
Les heurts ont éclaté en début d’après-midi et se sont poursuivis dans la cité voisine d’Intikala, où les centaines de manifestants armés de pierres, d’armes blanches et de cocktails Molotov se sont réfugiés après avoir été repoussés par des tirs de sommation et de gaz lacrymogène. Le groupe salafiste tunisien revendique 40 000 partisans, un chiffre invérifiable. Il est néanmoins jugé responsable de certaines des plus graves violences impliquant la mouvance islamiste radicale, qui connaît un essor depuis la révolution de janvier 2011 et la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali. Ainsi, son chef en fuite Abou Iyadh, un vétéran d’Al-Qaïda en Afghanistan, libéré de prison à la faveur de l’amnistie postrévolutionnaire, est considéré comme l’organisateur de l’attaque de l’ambassade des États-Unis en septembre 2012 (quatre morts parmi les assaillants). Ennahda a longtemps été accusé de laxisme face aux groupuscules jihadistes. Il a cependant considérablement durci sa position depuis que 16 militaires et gendarmes ont été blessés entre fin avril et début mai par des mines posées par des groupes armés liés à Al-Qaïda traqués à la frontière avec l’Algérie. Ansar Ashariaa a d’ailleurs menacé le gouvernement dirigé par Ennahda de «guerre» la semaine dernière et a dénoncé sa politique antiislamique.