Naissance de SAR Lalla Khadija

Le relogement des bidonvillois avance lentement mais sûrement

● Des habitants de «Carrières centrales» critiquent le système de relogement.
● À Sidi Moumen, le programme avance selon la planification du ministère.

10 Avril 2013 À 13:24

L’affaire des «Carrières centrales» du Hay Mohammadi fait toujours beaucoup de bruits. Certains habitants de ce bidonville manifestent leur mécontentement vis-à-vis du programme de relogement qui leur a été réservé. Ils ont organisé récemment plusieurs manifestations pour revendiquer «leurs droits de profiter d’un logement, à l’instar de leurs voisins du même bidonville». Près de 300 personnes se sont regroupées au boulevard Ali Yata à Hay Mohammadi, pour demander une révision du système de recasement. D’après certains résidants de «Carrières centrales», plusieurs familles n’ont pas pu profiter des lots de terrain, car elles n’ont pas été recensées. Il s’agit particulièrement des femmes divorcées et des couples mariés, après le lancement de ce programme.

De leur part, les autorités locales, conformément aux ordres du ministère de l’Habitat, n’attribuent de logements qu’aux familles recensées. En effet, l’hypothèse d’ajouter une autre liste de bénéficiaires n’est pas évoquée. Ce bras de fer entre les bidonvillois et les autorités entrave le bon déroulement des démolitions de «Carrières centrales» dont une grande partie est déjà rasée.

Il faut dire que, depuis le lancement du programme «ville sans bidonvilles», Casablanca a toujours constitué un cas problématique. Plus particulièrement le quartier de Sidi Moumen, qui comptait plus de 13 500 baraques réparties sur trois grands bidonvilles : Sekouila (6 077 baraques), Rhamna (4 996) et enfin Thomas (1 983). Parmi ces trois bidonvilles, Douar Sekouila qui relève de la préfecture de Sidi Bernoussi a été complètement éradiqué. 6 077 baraques de cet ancien «Douar» ont été totalement démolies.

Des tirages au sort se font chaque semaine dans les agences d’Al Omrane, en présence des représentants du ministère de l’Habitat, de la préfecture et de l’arrondissement concernés pour distribuer les lots de terrains aux 7 332 familles qui habitaient dans ce «douar». En outre, 75% des baraques du bidonville «Thomas» ont été rasées. En ce qui concerne le Douar de «Rhamna», il semblerait qu’il reste encore du chemin à faire.

Nouvelle ville de Zenata

Imposés par les grandes mutations que connaît le tissu socio-économique de la région du Grand Casablanca et les grandes orientations nationales en termes d’urbanisme et de développement urbanistique, ces projets traduisent la volonté des pouvoirs publics d’éradiquer les différentes formes de marginalisation et d’exclusion sociales. Dans ce contexte, la construction de logements sociaux dans la région atteint en moyenne 30 000 unités par an, afin de pouvoir faire face à une croissance démographique évaluée à 1,5 million d’habitants supplémentaires entre 2010 et 2020. Dans ce cadre, la nouvelle ville de Zenata d’une superficie de 1 830 hectares, dans la commune urbaine d’Ain Harrouda, située entre Casablanca et Mohammedia, contribue à alléger la pression sur les deux villes en matière démographique et foncière. Ce projet porté par la société d’aménagement «Zenata» permet d’accueillir plus de 300 000 habitants, de créer près de 60 000 emplois et de réduire le déficit en logements, particulièrement ceux destinés aux classes moyennes.

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