Naissance de SAR Lalla Khadija

Le rythme de relogement en deçà des aspirations

● À Salé, plus de 4 000 logements destinés à accueillir les familles résidant dans des bidonvilles sont en cours de finalisation.
● Quant à Rabat, 8 800 familles ont pu être relogées, soit 40% du total des ménages concernés.

15 Juillet 2013 À 17:47

Le programme de lutte contre les bidonvilles se poursuit non sans difficultés. La région de Rabat-Salé Zemour-Zaer, à l’instar des autres régions du Royaume, bénéficie certes d’actions concrètes visant à éradiquer ce fléau. Mais, le rythme de relogement n’est pas encore à la hauteur des aspirations. D’après le ministre de l’Habitat, Nabil Benabdellah, qui s’exprimait lors du conseil d’administration de l’Agence urbaine de Rabat-Salé, la lutte contre l’habitat insalubre va bon train. Le seul bémol existant n’est d’ailleurs pas d’ordre logistique, mais plutôt humain. En effet, nombreuses sont les familles qui refusent de quitter leurs demeures en ruine ou encore leurs baraques de peur d’être relogés dans les villes satellites (Tamesna) ou hors de la ville.En dépit de cette résistance, des efforts considérables ont été déployés pour restructurer la zone de Sahb Al Kaid, selon le responsable gouvernemental. Il s’agit de l’une des régions considérées comme «un point noir» dans la ville de Salé vu le nombre important de bidonvilles qui y existent.

En effet, cette zone connaît un surpeuplement sans précédent avec un nombre de familles résidant dans l’habitat insalubre estimées à plus de 8 134 familles. Afin de remédier à cette situation, le ministère s’est penché sur la réalisation de près de 4 000 logements sont en cours de finalisation.D’ailleurs, plus de 3 100 unités relevant de ce projet ont pu déjà être livrées. La capitale du Royaume n’est d’ailleurs pas en reste. 40% des familles (dont le nombre est estimé à 8 800 familles) ont pu être relogées.Outre la lutte contre les bidonvilles, le ministère est appelé à plancher sur la problématique des bâtiments menaçant ruine qui devient de plus en plus important et se présente dans différents quartiers de la capitale notamment dans les anciennes médinas de Rabat et Salé, Takkadom, Yaakoub Al Mansour et Youssoufia plutôt connu pour abriter le quartier populaire Douar al Doum et Jbel Raissi. Pour M. Benabdellah, le règlement de ce dossier passe par la création de nouvelles zones d’urbanisation particulièrement au niveau de la capitale et sa consœur Salé qui connaissent une pression sans précédent sur le foncier. D’ailleurs, l’un de ces projets se trouve déjà en cours de réalisation. Il s’agit du plateau de Akrach (1 100 ha) à Rabat dont le plan d’aménagement a déjà été approuvé en 2008.

Rappelons que la capitale du Royaume a connu une prolifération sans précédent de l’habitat insalubre au cours des dix dernières années. Des populations se sont déversées dans l’agglomération de Rabat à la recherche d’un travail. Sans logement, ces familles ont construit des baraques de fortune, créant des quartiers entiers d’habitat insalubre. Et c’est la ville de Salé qui a été la plus touchée par le fléau, notamment les zones d’Al Qaria, Hay Arahma, Sahb Al Kaid et douar Ajdid.

La situation s’est relativement améliorée ces dernières années après le lancement du programme «Villes sans bidonvilles». Ce qui a permis de doter ces zones en infrastructures de base : eau, électricité et assainissement. Mais pour certains cas, l’exode des populations a porté un préjudice énorme à l’environnement. Le cas le plus flagrant est celui d’ailleurs du douar Sidi Taibi situé entre Salé et Kénitra. Il s’agit d’une ville qui a été construite sur une dizaine d’hectares de forêt. De l’autre côté de Bouregreg, on enregistre également le développement de logements insalubres dans les différents quartiers de Témara voire dans les quartiers chics de la capitale à savoir le quartier Souissi.

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