Salon international de l'agriculture de Meknès

Maroc-Espagne : un plan de paix pour la guerre de la tomate

Les faits : Une réunion du comité mixte maroco-espagnol des fruits et légumes serait programmée pour parer à l’éventuelle chute des prix de la tomate.

Le Maroc exporte quelque 400 000 tonnes de tomates vers l'UE, selon la Fifel.

16 Octobre 2013 À 14:47

Le comité mixte maroco-espagnol des fruits et légumes pourrait se réunir en novembre prochain. Objectif : faire face à l’éventuelle chute des prix de la tomate durant la période de froid, nous confie Mounir Omar, vice-président de la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes (Fifel). Cette rencontre interviendrait à seulement un mois d’une précédente réunion à Casablanca. Une nouvelle rencontre est programmée à Madrid pour avril 2014.

«Pour parer aux difficultés rencontrées dans le secteur et les sorties médiatiques de certaines organisations espagnoles, nous avons initié des séries de réunions avec nos homologues ibériques. Je peux vous dire que nous avons senti une réelle volonté de la part du ministre espagnol Arias Cañete pour faire avancer les choses», nous déclare Mounir Omar.

Entre non-respects des quotas, bradage des prix, non-respect des règles phytosanitaires, tous les arguments sont bons pour discréditer l'offre marocaine. «Durant la période de froid, qui commence le mois prochain, seuls deux pays fournissent l’UE en tomates, à savoir l’Espagne et le Maroc. Nous partageons le marché et cela ne plaît pas à certaines organisations espagnoles qui sortent des arguments fallacieux», regrette Mounir Omar. Le vice-président de la Fifel assure que la situation a beaucoup changé. De même, le ministre espagnol de l'Agriculture, de la pêche et de l'alimentation défend le Maroc en déclarant fin septembre à l'agence EFE que le Royaume respecte tous ses engagements contractuels. C'était en marge d'une réunion du comité mixte.

D’ailleurs, pour ceux qui brandissent la carte du non-respect des règles phytosanitaires, «il faut savoir qu’au Maroc, la grande majorité des agriculteurs utilisent la lutte intégrée qui encourage l’utilisation des auxiliaires aux dépens des pesticides. Nous sommes parfois mieux lotis que les Européens eux-mêmes», soutient avec fierté Mounir Omar. Pour ce dernier comme pour Ahmed Ouayach, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), cette question de non-respect des normes phytosanitaires est dépassée. «Ce n'est plus à l’ordre du jour et les officiels, que ce soit au niveau du gouvernement espagnol ou de la Commission européenne, sont aujourd’hui conscients de la mauvaise foi des détracteurs du Maroc», lance Ouayach.Même s'il est craint, le Maroc ne détient qu'une part de 4% des exportations de tomates en Europe, avec un volume de 400 000 tonnes, selon la Fifel.

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