08 Août 2013 À 16:03
En dépit du rythme de vie effréné et des changements des habitudes, les Fassis défient les contraintes de la vie moderne et s’obstinent à conserver jalousement les traditions de célébration de l’Aïd Al Fitr qu’ils ont héritées de leurs aïeux. En effet, cette fête religieuse qui marque la fin du mois sacré occupe une place de choix dans le cœur des habitants de la ville idrisside qui l’accueillent avec joie et excitation.Ainsi, ce jour spécial commence tôt le matin, de la plus belle des manières avec la prière de l’Aïd qui s’effectue soit dans une mosquée soit dans un «M’ssalla» permettant de rassembler plus de fidèles, et se déroule dans une atmosphère empreinte de reconnaissance envers le Tout-Puissant et dans une ambiance de compassion et de solidarité.
Par ailleurs, la fête de l’Aïd Al Fitr est marquée par d’uniques moments de convivialité. En effet, les familles fassies profitent de cette occasion pour renforcer les liens avec leurs proches en s’échangeant les visites dans une ambiance de grande joie et de gaieté et en se rassemblant durant les repas autour d’une table garnie des mets traditionnels les plus délicieux. En effet, «Briwat», «Rghayf», «Baghrir», «Cornes de gazelle», «Ghriba»… sont incontournables sur toutes les tables des foyers fassis, le jour de l’Aïd. Ces gourmandises qui font le bonheur des petits comme des grands nécessitent des préparatifs qui commencent une dizaine de jours avant l’Aïd. Ainsi pendant les derniers jours du mois sacré du ramadan, les mères de familles fassies se mobilisent seules ou en groupe pour confectionner les mets les plus succulents et ravir les papilles de leurs familles et de leurs invités. «En ce qui me concerne, rien n’équivaut au plaisir de préparer les gâteaux et les différents mets de l’Aïd à la maison et faire revivre, à chaque fois, les recettes qui font la fierté de la gastronomie traditionnelle marocaine», explique Saïda, femme au foyer.En parallèle, et en raison de leur emploi du temps très chargé, nombreuses sont les mères de famille qui n’ont plus le temps de passer des heures et des heures dans leur cuisine, préférant en conséquence se procurer tout ce dont elles ont besoin chez les pâtisseries.
Par ailleurs, les habits traditionnels qui sont à l’honneur tout au long du mois de ramadan continuent à avoir un grand succès auprès des Fassis lors de l’Aïd Al Fitr. En cette journée festive, hommes, femmes et enfants se parent de leurs plus beaux «caftans», «djellabas» et «gandouras». Les couturiers sont d’ailleurs sollicités plusieurs semaines à l’avance pour confectionner des modèles qui répondent à tous les goûts et qui conjuguent tradition vestimentaire fassie et modernité.
Cette fête religieuse si chère aux adultes est également celle des enfants qui, vêtus de leurs habits neufs, accompagnent leurs parents dans leurs visites aux autres membres de la famille, voisins et amis. Par conséquent, l’achat des vêtements pour les enfants devient une autre coutume, liée intimement à cette fête. À la veille de l’Aïd, les magasins de vêtements de la ville sont pris d’assaut par des parents prêts à faire des sacrifices financiers pour faire plaisir à leurs enfants en leur achetant les plus beaux habits.Des sorties entre amis sont également au menu de cette journée de fête. En effet, alors que certains préfèrent les cafés et les restaurants pour se détendre et se divertir, d’autres font le choix de déambuler sur les grandes artères et les boulevards de la ville.