04 Décembre 2013 À 16:12
Chaque année, plus de 4 000 personnes sont tuées sur nos routes et plus de 12 000 sont blessées. La facture économique de ce carnage est estimée à quelque 14 milliards de dirhams par an, l’équivalent de 2% du PIB du Royaume. Depuis son entrée en vigueur en octobre 2010, le code de la route tant attendu et présenté comme étant le remède efficace contre l’insécurité routière ne semble pas donner d’effet. Les chiffres stagnent quand ils ne sont pas en hausse et le Maroc continue à occuper la première place du classement des pays arabes les plus meurtriers.
À l’échelle mondiale, le pays se place au 6e rang malgré une stagnation du nombre de tués par rapport à l’augmentation du trafic routier et du parc automobile. Pour venir à bout de ce fléau, une stratégie nationale de la sécurité routière a été mise en œuvre en 2003.
Elle englobe plusieurs axes dont la réforme du code de la route, la sensibilisation, la formation et l’amélioration du contrôle, mais sans aucun impact tangible au niveau des pertes humaines et matérielles. Aujourd’hui, un nouveau plan d’action est préparé au niveau des départements de tutelle. La période 2013-2016 devrait donc connaitre un renforcement du contrôle de la vitesse par des radars patrouilles hors agglomération ainsi qu’une redynamisation des brigades mobiles de contrôle routier en ville. S’agissant des infrastructures, un programme spécial d’aménagements sera mis en place sur la période 2014-2017 avec une enveloppe de 3 milliards de dirhams, dont 1,5 milliard pour le traitement des points noirs.
Le code de la route connaitra aussi des amendements importants. Ils concerneront particulièrement les dispositions jugées difficiles à mettre en œuvre comme les sanctions privatives de liberté, suite aux accidents corporels. Ainsi, un projet de loi sera préparé avant la fin du mois de décembre 2013. Cependant, cette lutte ne devrait pas être du ressort du gouvernement seulement, tout le monde est concerné par la question. Le ministre de tutelle, Mohamed Najib Boulif, affirme qu’il est primordial de rappeler que la lutte contre les accidents de la route est l’affaire de tous, le gouvernement par les lois et le contrôle et l’infrastructure, la société par l’éducation, la sensibilisation et l’individu par son comportement citoyen.