21 Septembre 2013 À 16:57
Tomber de rideau samedi à Casablanca sur la deuxième édition du Salon E-commerce. Comme nous l’avions annoncé, cette édition a accueilli quelque 80 exposants et devait drainer 5 000 visiteurs. Solutions et services e-commerce, paiement électronique, digital marketing, M-commerce, logistique & transport, toute la chaîne de valeur était représentée. Le tout dans une ambiance digne des grands salons. Bref, toute la modernité pour mettre en vitrine un secteur qui en dit long sur la nouvelle et future manière de consommer des Marocains. Cette deuxième édition s'est aussi distinguée par la participation d'une quarantaine d'experts et professionnels de renom pour décortiquer la situation réelle du secteur, ses perspectives de développement et ses freins de croissance. Parmi les 50 conférences et ateliers programmés durant les trois jours de l'événement, le panel «E-commerce au Maroc : Enjeux, défis, opportunités» a fait salle comble. Les panélistes ont ainsi débattu des opportunités et des obstacles au développement du e-commerce. Toute la question est de savoir si c'est au cyber-consommateur de faire de facto confiance au paiement en ligne ou si c'est au e-marchand de lui proposer d'autres alternatives de paiement. La confiance numérique a ainsi accaparé une bonne partie du débat.
Le consommateur marocain, malgré son engouement pour l’achat en ligne, reste, selon les experts, réticent quand il s’agit de fournir ses données bancaires. Pour Badr Boubker, directeur de l’économie numérique au ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, «le manque de communication est un frein majeur à cette confiance numérique. Les opérateurs sont dans l’obligation de vulgariser leur secteur et d’expliciter ainsi au grand public les différentes possibilités de paiement, mais aussi la garantie et la sécurité des transactions offertes». Mis à part le manque de communication et la réticence du cyber-consommateur, le directeur de la Fédération marocaine de tourisme (FNT), Saïd Tahiri, estime, pour sa part, que même les e-marchands assument une part de responsabilité dans cet état de fait : «Nous avons signé récemment un partenariat avec le Centre monétique interbancaire (CMI) et Maroc Télécommerce (MTC) afin d’encourager les agences de voyages à intégrer un système de paiement sur leur site, mais les résultats restent en deçà des attentes. Malheureusement, 68% de ces sites renvoient vers des formulaires et le client doit donc se déplacer pour effectuer la transaction. À cela s’ajoute un autre frein et, cette fois, il émane de l’e-consommateur. Dans la majorité des cas, celui-ci fait son choix sur le site du voyagiste, mais préfère se déplacer à l’agence, car il a plus confiance dans le contact direct».
Le CMI table sur au moins un milliard de chiffre d’affaires l’année prochaine et 1 000 e-marchands. Pour Elias Ghanem, general manager de Paypal pour la région MENA, c’est «très encourageant», sauf que les opérateurs ne pourront relever le défi de la confiance numérique que s’ils offrent à leurs clients toutes les possibilités de paiement disponibles sur le marché.
Si l'e-commerce a enregistré des avancées palpables depuis 2008, les opérateurs espèrent néanmoins que le législateur suive cette évolution pour instaurer les règles d'une concurrence saine. Ils réclament aussi un plus grand accompagnement de la part des banques qui ont tendance à fermer leurs robinets aux start-up en mal de financement. De même, la logistique et l'approvisionnement doivent suivre. Car en cas de problème, les réclamations se répercutent sur toute la chaîne de valeur. Les ambitions sont là, les défis aussi. Les acteurs du e-commerce et du e-paiement aspirent à un meilleur business. Cela suppose de bonnes pratiques, un environnement propice, mais aussi une offre plus diversifiée et l’entrée de grands acteurs.