Fête du Trône 2006

Comprendre la nouvelle cartographie du monde

Face aux bouleversements du monde, aux revendications des peuples, aux nouvelles alliances, à l’interdépendance des économies, mais aussi aux soubresauts culturels et identitaires, il est, en effet, impératif de comprendre ces changements, d’échanger sur toutes les dimensions politiques, économiques et culturelles de l’action internationale, de garder le cap fixé pour faire entendre la voix du Royaume, défendre l’intégrité territoriale, se mobiliser pour la croissance, l’entreprise, les emplois...

01 Septembre 2013 À 15:09

Dans un monde marqué par les grands chambardements, par les craquements du monde arabe et par une montée de tension dans la région du Maghreb, dans un monde qui change avec de nouveaux acteurs, de nouvelles règles du jeu international, de nouveaux centres de gravité de l’Asie après l’hyperpuissance américaine, la première Conférence des ambassadeurs du Maroc qui s’est tenue à Rabat, trois jours durant à huit clos, est un exercice à la fois indispensable et… salvateur pour comprendre les nouveaux enjeux, la nouvelle cartographie du monde, mais aussi les objectifs que tout représentant du Royaume doit se fixer à travers le cap et les priorités fixés par le Souverain, et ce, au moyen d'une «méthodologie prospective, moderne et active sur le terrain», comme l’a souligné le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Saad-Eddine El Othmani.

Face aux bouleversements et aux retournements du monde, aux revendications des peuples, aux nouvelles alliances, à l’impact de la révolution des TIC, à l’interdépendance des économies, mais aussi aux soubresauts culturels et identitaires, il est, en effet, impératif de comprendre ces changements, d’échanger sur toutes les dimensions politiques, économiques et culturelles de l’action internationale, de comprendre le cap fixé pour faire entendre la voix du Royaume, défendre l’intégrité territoriale, se mobiliser pour la croissance, l’entreprise, les emplois... tel était l’objet assigné à la Conférence des ambassadeurs. Car plus que jamais et au-delà de la représentation, la charge de l’ambassadeur, telle que définie dans le message royal adressé à la communauté des ambassadeurs, est lourde : gérer les conflits, protéger les intérêts de la communauté marocaine, donner la priorité à la diplomatie économique audacieuse capable de développer des partenariats, de promouvoir l'attractivité du pays, de conquérir de nouvelles positions, d'intensifier les échanges extérieurs, en un mot assurer la promotion du Label Maroc. Pour cela, des compétences et des qualités sont nécessaires à l’ambassadeur qui doit être un bon gestionnaire des multiples dimensions de la fonction, bon ensemblier pour créer de la synergie, mais aussi bon communicateur…

La diplomatie au cœur de la transformation des États

Le droit des relations diplomatiques, organisé par la Convention de Vienne du 18 avril 1961, entrée en vigueur en 1964, reconnaît aux représentants des États, aux diplomates accrédités, cinq grandes fonctions que l’on peut décliner en cinq types d’action : représenter, protéger, négocier, informer et promouvoir. Si ces fonctions constituent le socle du métier de diplomate, celui-ci a évolué avec la mondialisation. Les effets de la crise financière et économique font qu’aujourd’hui il n’y a plus aucune politique interne qui échappe à la dimension internationale. Alors qu’auparavant, la diplomatie était quelque chose à part dans la vie des nations, elle se retrouve aujourd’hui au cœur de la transformation profonde de la politique intérieure de chaque État, en raison de la dimension internationale de cette politique.Autre évolution de taille : avec la mondialisation, il y a une multiplication des acteurs dans les relations internationales et l’on parle de diplomatie parlementaire, de diplomatie des villes, de la société civile, des entreprises internationales… À cela s’ajoute une plus grande diversité des problèmes à traiter. Il y a deux ou trois décennies, on ne parlait pas des enjeux globaux comme le climat, la biodiversité, la santé, les problèmes de l’eau, de l’énergie… Il y a une montée en puissance de la diplomatie globale et des questions relatives à la gouvernance mondiale et à l’élaboration de normes de droit international qui sont aujourd’hui au premier rang des préoccupations internationales.

La diplomatie économique : un champ majeur

La diplomatie économique est devenue l’un des champs majeurs de l’activité diplomatique, comme en témoigne la réaffectation des moyens vers les pays émergents et les marchés prometteurs. On assiste, à la fois, comme le note un observateur, à l’extension du champ diplomatique traditionnel des états vers le domaine économique, et aux changements que nécessite la mondialisation économique, qui fait évoluer le cadre extérieur de l’action de l’État. Pour anticiper les transformations accélérées que connait le monde, comme le souligne le discours royal, il faut disposer des analyses et des outils conceptuels nécessaires, d’où l’appel à tirer parti des expertises et des compétences dont dispose l’Institut royal des études stratégiques qui a réalisé nombre d’études, de rapports et d’auditions ; tous les spécialistes d’économie et de politique internationale sont également interpellés pour mieux comprendre des situations de plus en plus complexes qui nécessitent des compétences transversales entre l’économie, les relations internationales, la gestion d’entreprise... L’outil d’action extérieur devrait également être amélioré, car le dispositif de l’action économique extérieure du pays est aujourd’hui morcelé, fragmenté, sans beaucoup d’efficacité et de synergie. L’une des lignes directrices serait de simplifier ce dispositif, de mutualiser, de mieux connecter ces représentations avec le réseau diplomatique. 

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