07 Novembre 2013 À 18:20
Maladie inflammatoire chronique de la peau, le psoriasis se manifeste généralement sous forme d'épaisses plaques se détachant comme des écailles et plus rarement sous l’aspect de pustules blanches ou de gouttes. Les plaques peuvent apparaitre à différents endroits du corps, mais surtout sur les genoux, les coudes et le cuir chevelu. Il existe une forme particulière qui atteint les plis de la peau. L’étendue des plaques varie considérablement d’une personne à l’autre : faibles et localisées chez les uns, très étendues chez d’autres. Elles provoquent deux fois sur trois des démangeaisons et parfois des douleurs. «Tous ces signes sont liés à un renouvellement trop rapide des cellules cutanées, en trois ou quatre jours au lieu de trois semaines normalement», nous explique le docteur Khadija Moussayer, spécialiste en médecine interne et en gériatrie et présidente de l’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS). Plus qu'une simple maladie non contagieuse de la peau, le psoriasis a également des répercussions importantes sur la vie sociale des patients qui, affectés par leur apparence, souffrent de stress, de perte d’estime de soi et même de dépression. «La gestion du regard des autres est aussi souvent très difficile. D’où l’importance pour les professionnels de la santé de bien prendre en charge ce mal-être, de montrer que des solutions existent pour en réduire les conséquences inesthétiques», poursuit notre spécialiste.
Qu’est-ce qui peut bien causer cette maladie ? Une question qui n’a pas encore trouvé de réponse. Ce que l’on sait en revanche c’est que le psoriasis est considéré aujourd’hui comme une maladie auto-immune, c'est-à-dire une maladie où le système immunitaire, chargé normalement de nous défendre contre les bactéries, les virus, les cancers… se dérègle et attaque notre propre organisme. Les facteurs de risques, eux, sont bien connus de la science. On parle notamment d’une prédisposition familiale et donc génétique dans un tiers des cas. Le psoriasis peut aussi être influencé par des facteurs liés à l’environnement qui peuvent le déclencher ou l’aggraver. C’est le cas du stress, des infections des voies aériennes supérieures, de la grippe ou des angines et des pharyngites. «Les traumatismes comme les démangeaisons, les blessures et les coups répétés de la vie de tous les jours, les frottements (gant de crin au hammam par exemple) peuvent déclencher une poussée de psoriasis à l’endroit même de ce traumatisme», précise le docteur Moussayer. Il est parfois aussi déclenché par la prise de certains médicaments, de tabac ou d’alcool.
Les sujets présentant une obésité, un diabète et/ou une hypertension sont généralement prédisposés à contracter cette maladie. Une étude norvégienne, publiée cette année et menée pendant 30 ans sur près de 70 000 individus, a par ailleurs confirmé que le mode de vie plus sédentaire des sociétés modernes est en cause dans la progression constatée du psoriasis : les résultats ont indiqué en effet que les patients atteints avaient un poids plus élevé, une activité physique moindre et un tabagisme plus important que le reste de la population.Le psoriasis évolue selon les sujets par des poussées assez imprévisibles, de 3 à 4 mois généralement et qui disparaissent pendant plusieurs mois ou années pour souvent revenir ensuite. Des rémissions se produisent assez habituellement en été sous l'effet bénéfique des rayons ultraviolets. La maladie s’associe dans moins de 10% des cas à des atteintes articulaires (rhumatisme psoriasique ou polyarthrite) et se complique parfois d’autres maladies auto-immunes (maladie cœliaque, maladie de Crohn…)
Si on ne peut encore guérir de cette affection, il existe des traitements efficaces pour soulager les souffrances de la majorité des malades. On peut en citer quelques-uns : des crèmes, à base de corticoïdes, ou de dérivés de la vitamine D, pour les atteintes plus fortes, des médicaments par voie orale (des dérivés de la vitamine A et des immunosuppresseurs), des séances d’ultraviolets. Enfin, pour les cas sévères et persistants, une avancée importante a été réalisée avec la mise au point de traitements biologiques ciblés, les biothérapies, qui permettent maintenant de maîtriser la maladie et de restaurer une qualité de vie normale. «Cependant, leur coût, onéreux, ne les rend pas encore toujours accessibles à l’ensemble des malades au Maroc», conclut finalement la présidente de l'AMMAIS.