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Le patrimoine du Rif en péril

L'absence d'une stratégie claire menace sérieusement les monuments historiques de la région et, au-delà, pourrait provoquer une perte en termes de développement économique et touristique.

Plusieurs monuments qui datent de l'antiquité sont laissés à l'abandon.

04 Décembre 2013 À 15:49

L'absence d'une stratégie claire en matière de préservation du patrimoine architectural et matériel dans le Rif a contribué à l'effritement de nombreux monuments et menace sérieusement ce qui reste encore de ce patrimoine. C'est la mise en garde, qu'a lancée récemment le président de l'association «Mémoire du Rif», Omar Lemallam. Les recherches archéologiques dans la région du Rif restent jusqu'à nos jours en deçà des attentes, faisant que les données disponibles en la matière sont rares et incomplètes même chez les spécialistes, a souligné M. Lemallam lors d'une rencontre sur le thème «les monuments historiques dans la région d'Al Hoceima et leur rôle dans le développement». Et de noter que l'importance de sauvegarder et de valoriser les monuments historiques réside non seulement dans le fait de connaître le passé et de préserver la mémoire collective, mais également dans les opportunités que cela représente en termes de développement économique et touristique de la région.

À cet égard, M. Lemallam a souligné l'urgence d’œuvrer à la réhabilitation du patrimoine historique de la région qui devrait passer par plusieurs étapes, à savoir établir une cartographie des monuments et mettre en place des plaques de signalisation pour les localiser et les faire connaître. L'acteur associatif a également préconisé de lancer des recherches archéologiques au niveau des différents sites découverts et de prévoir des mécanismes juridiques et administratifs pour la protection de ces sites et la criminalisation de leur destruction. Dans la même optique, ajoute M. Lemallam, et pour assurer la durabilité de ces projets, il est primordial de nouer des partenariats avec les différents intervenants dans le secteur (ONG, musées et établissements internationaux spécialisés), mettre en place des musées dans de nombreuses régions du Rif, et trouver des solutions aux problèmes du foncier.Pour sa part, le président du Réseau des ONG de développement du Parc national d'Al Hoceima (RODPAL), Hakim Elmasoudi, a souligné que les monuments historiques dans le Rif remontaient à plusieurs périodes, notamment l'Antiquité (préhistoire, Byzantins, Phéniciens, Romains, etc.) dont on a hérité une grande partie des ports situés tout au long de la rive méditerranéenne, en passant par l'époque médiévale caractérisée par l'arrivée de l'Islam (marabouts et mosquées), et finalement la période coloniale qui a commencé avec l'occupation espagnole.

Par ailleurs, M. Elmasoudi a tiré la sonnette d'alarme concernant un ensemble de monuments situés notamment à Beni Boufrah, Rouadi, Senada, Issaguen, Ajdir, Taghazout, Mestassa, qui se trouvent dans un état de détérioration avancée pour des raisons naturelles ou humaines. Il a cité, à cet égard, le marabout d'Ali Ben Hassoun, l'un des plus anciens dans la région, qui a été dernièrement saccagé, appelant par-là à taper sur les doigts des malfaiteurs qui détruisent les monuments de la région. Pour sa part, le délégué provincial de la Culture, Kamal Ben Laymoun, a appelé les collectivités locales à jouer leur rôle en matière de restauration et de valorisation des sites et des monuments historiques qui relèvent de leur territoire, en vue de les intégrer dans les circuits touristiques nationaux. Le responsable a assuré, par ailleurs, qu'en tant que département de tutelle, la délégation de la Culture œuvrait, au niveau de la province, à assurer le suivi et l'accompagnement des opérations de réhabilitation, de valorisation et de promotion de ce patrimoine inestimable. 

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