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Un projet de décret pour mettre fin aux disparités en matière d'accès aux soins

Le gouvernement vient d’adopter un projet de décret relatif à l’organisation de l’offre de soins, à la carte sanitaire et aux schémas régionaux de l’offre de soins. Avec comme objectif la réduction des disparités entre régions en termes d’accès aux soins de la santé, le nouveau décret met l’accent sur l’importance des services de soins mobiles.

Le Maroc ne compte que six médecins pour 10.000 habitants, ce qui le place au-dessous des normes établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et qui sont de 1 médecin pour 650 habitants.

10 Novembre 2014 À 19:34

Le décret relatif à l’organisation de l’offre de soins, à la carte sanitaire et aux schémas régionaux de l’offre de soins voit enfin le jour. Présenté et adopté lors de la dernière réunion du Conseil du gouvernement, le projet est le fruit, selon le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi, d'une large approche participative incluant l'ordre national des médecins et l'ensemble des corps professionnels dans les secteurs public et privé. Il vise à définir les mesures liées à «l'organisation de l'offre de soins, le découpage sanitaire du territoire national ainsi que les modalités d'élaboration de la carte sanitaire et des schémas régionaux de l'offre de soins sur la base dudit découpage», et qui pourront désormais être opérationnelles dès l’année prochaine. Souffrant d’un grand manque aussi bien au niveau des infrastructures que des ressources humaines, le secteur de la santé enregistre de grandes disparités au niveau de l'accès aux soins entre le milieu rural et urbain, en plus des difficultés d’accès qui subsistent dans les régions enclavées.

Pour y remédier, le nouveau décret, dans son article 6 notamment, stipule que «les établissements de santé publics et privés peuvent dispenser, outre les prestations rendues en mode fixe, d'autres prestations de soins et services en mode mobile pour répondre aux besoins de la population». Il s’agit plus précisément des visites à domicile, des unités médicales mobiles, des caravanes médicales spécialisées ainsi que des hôpitaux mobiles. S’agissant des normes, des critères et des modalités d'implantation des infrastructures et des installations sanitaires, le projet précise qu’ils seront fonction du découpage sanitaire, de la taille de la population et de l'attractivité socio-économique. Dans ce sens, la mise en place des infrastructures et des installations publiques relevant du réseau des établissements de soins de santé primaires devront correspondre à un nombre déterminé d’habitants. Ainsi, pour une population minimale de desserte de 7.000 habitants, il faudra construire un centre de santé rural de premier niveau. Un centre rural de deuxième niveau sera construit pour les régions comptant 25.000 habitants, le même nombre d’habitants en milieu urbain aura droit à un centre de santé urbain de premier niveau, alors qu’il faudra compter une population minimale de desserte de 50.000 habitants pour accéder à un centre de santé urbain de deuxième niveau.Selon ses promoteurs, ce texte prévoit notamment la mise en place d'une carte sanitaire à même de garantir une répartition équitable des ressources humaines (médecins, infirmiers et cadres) et des infrastructures de santé (hôpitaux) publiques ou privées entre les différentes régions du Royaume. Il est de nature à lutter contre les inégalités au niveau de l'offre de soins sur le territoire national à travers la mise en place d'une carte sanitaire et la définition de critères clairs et précis pour la gestion de la répartition équitable des prestations sanitaires, précise-t-on dans un communiqué publié à l’issue du conseil du gouvernement. 

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