Fête du Trône 2006

Un film documentaire dévoile le vrai visage du «polisario»

Un film documentaire «Polisario : l'identité d'un front», présenté jeudi dernier à Rabat, a jeté une lumière crue sur la réalité du conflit autour du Sahara marocain, ses enjeux et les parties qui tirent les ficelles pour qu'aucune solution n'en soit trouvée. Il démontre comment le régime algérien, faisant fi des souffrances des populations séquestrées à Tindouf, s’obstine à contrer toute tentative de règlement pacifique.

11 Avril 2014 À 17:02

D urant 90 minutes, le film documentaire «Polisario, l'identité d'un front», projeté jeudi dernier au siège de l’Agence Maghreb arabe presse, a tenté d’éclairer l’opinion publique sur la réalité du conflit autour du Sahara marocain. Réalisé par l’intellectuel marocain Hassan El Bouharrouti, membre de la diaspora marocaine à Bruxelles, le documentaire lève le voile, à travers de nombreux témoignages poignants recueillis auprès des premiers fondateurs de ce front, sur la réalité du «polisario» en tant que mouvement séparatiste, et démontre en exposant des faits avérés l'absence de toute légitimité à sa prétendue cause. Le film s’attarde par ailleurs sur les allégations fallacieuses de ce mouvement de prétendre représenter une population séquestrée, vivant dans une prison à ciel ouvert. En remontant à ses origines et en faisant une radioscopie de son idéologie et de ses structures, le documentaire analyse comment le «polisario» bénéficiait des largesses de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi et comment il vivote toujours grâce à l'appui inconditionnel du régime algérien.

Lors du débat qui a suivi la projection de ce film, le professeur universitaire Mohamed Benhammou, directeur du Centre marocain des études stratégiques, a expliqué comment l’Algérie et le «polisario» instrumentalisent la carte des droits de l’Homme dans les provinces du Sud pour servir des intérêts ignobles ; car, selon lui, les véritables violations des droits de l'Homme sont commises dans les camps de Tindouf où les populations séquestrées vivent dans des conditions indécentes, privées de leurs droits les plus élémentaires.Pour sa part, le porte-parole de l’Association des tribus sahraouies marocaines en Europe, Lahcen Mahraoui, a condamné des pratiques défiant tous les principes de droits de l’Homme en évoquant les souffrances infligées aux populations résidant dans les camps.

«Le régime algérien et le front Polisario ont tous les deux, un intérêt à ce que les populations séquestrées restent dans cette zone enclavée et éloignée. En effet, c’est grâce à cette population que les milices armées arrivent à drainer des aides humanitaires qui sont ensuite détournées à des fins personnelles. Ce que vivent nos frères et sœurs dans ces camps est une vraie tragédie humaine», souligne M. Mahraoui. Et d'ajouter que cette situation doit cesser, car les frais de ce conflit artificiel autour du Sahara marocain sont payés par la population séquestrée dans les camps militarisés de Tindouf, sous le regard bienveillant du pouvoir algérien. «Il est temps que le Polisario adhère au processus politique visant à résoudre ce conflit artificiel», a-t-il insisté, faisant ainsi remarquer que la persistance du conflit crée d’autres crises. En effet, selon M. Mahraoui, c’est la pauvreté et l’exclusion où vivent ces populations qui font que certains de leurs jeunes s’adonnent au trafic de la drogue, la traite des êtres humains et tombes même dans le filet des membres d’organisations terroristes comme Al-Qaïda. 

Copyright Groupe le Matin © 2026