26 Janvier 2014 À 15:23
Rendu public vendredi dernier à Washington, le document insiste sur le fait que ces camps sont devenus un «terrain fertile» pour les recruteurs d'Al-Qaïda et les trafiquants de tous bords.
À ce titre, les conclusions de l’ICTS corroborent celles formulées à l’issue des travaux de Marrakech Security Forum qui s’est tenu dans la ville ocre les 24 et 25 janvier courant. En effet, les experts participants à cette rencontre se sont alarmés du fait que les zones contrôlées par le polisario constituaient un terreau fertile pour les combattants jihadistes. Ces derniers, s’ils arrivaient à mettre à la main les stocks d’armement libyens, pourraient déstabiliser toute l’Afrique du Nord.
Pour Yonah Alexander, du Centre international des études sur le terrorisme, il est plus que jamais nécessaire pour la communauté internationale de procéder à «un recensement des populations des camps de Tindouf», estimant que ces camps représentent une «menace pour la sécurité régionale en étant un terrain fertile de recrutement pour les terroristes et les trafiquants». L'étude, qui fait l'état des lieux de la menace terroriste en Afrique du Nord et au Sahel au cours de l'année 2013, relève ainsi qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d'autres groupes extrémistes régionaux cherchent à «exploiter la situation dans les camps contrôlés par le polisario en y menant d'intenses activités de recrutement».
Selon l’Agence MAP, le rapport du ICTS fait également ressortir le fait que parmi les militants terroristes et extrémistes qui avaient pris le contrôle du septentrion malien en 2012 figurent des éléments du polisario recrutés localement dans les camps de Tindouf par les groupes terroristes sévissant dans la région, y compris AQMI, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJA) et Ansar Dine.
Cette étude, qui recense également le nombre des attentats et des attaques terroristes perpétrés au cours de 2013 au Maghreb et au Sahel, relève que l'année écoulée aura enregistré un chiffre record d'actes terroristes par rapport aux douze dernières années, avec 230 incidents recensés en 2013, soit une augmentation alarmante de 60% par rapport à 2012. Yonah Alexander appelle, par conséquent dans ce rapport, la communauté internationale à œuvrer en vue d'aboutir à des solutions diplomatiques aux différents conflits que connait la région, en particulier celui du Sahara, dont la persistance continue de «nuire à la fois à la sécurité et à la coopération économique au Maghreb et au Sahel».
Il recommande aussi, toujours selon la MAP, d'investir dans le développement humain et économique afin de renforcer la sécurité au niveau local et régional, citant à cet égard l'intérêt de promouvoir le commerce régional et l'investissement, notamment à travers l'élargissement des dispositions de l'Accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis pour inclure les biens et produits émanant de l'Afrique du Nord, de l'Ouest et centrale.
Cette conférence a été marquée par la participation d'un panel d'experts sécuritaires de renommée internationale, ainsi que de l'ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Rachad Bouhlal, de l'ambassadeur d'Égypte à Washington, Mohamed Tawfik, et de l'ancien ambassadeur du Mali, Al Maamoun Baba Lamine Keita.