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«L’entrepreneuriat intéresse très peu les étudiants»

La Cité d’innovation de Fès multiplie les rencontres et projets pour éveiller l’esprit d’entreprise chez les étudiants de l’Université. Ces derniers s’intéressent peu à l’entrepreneuriat, mais l’effort se poursuit pour susciter leur intérêt. Entretien avec Saad Bensouda Koraichi, directeur de la Cité d’innovation de l'Université Sidi Mohammed Ben Abdellah.

18 Mars 2014 À 16:41

Le Matin : La Cité d’innovation entame l’année 2014 avec une première rencontre sur les énergies renouvelables. Pouvez-vous nous parler plus en détail de cette rencontre ? Saad Bensouda Koraichi : L’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès organise les 19 et 20 mars un Atelier international sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique au siège de la Cité d’innovation. L’idée étant de réunir les compétences universitaires, les industriels et les principales institutions actives dans le domaine de la recherche et du développement des énergies renouvelables notamment l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen), le Centre national de recherche scientifique et technique (CNRST) et Moroccan Agency For Solar Energy (Masen) et l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE). La rencontre verra la participation d’experts français qui viennent de Marseille, Toulouse et Montpelier ainsi que des experts autrichiens. Elle traduit la volonté de l’Université d’accompagner la lancée du Maroc dans l’économie verte et devrait permettre à nos chercheurs de renforcer la collaboration avec les institutions actives dans le domaine. À noter que cette rencontre sera marquée par la formation des consortiums pour répondre à l’appel à projets de l’Iresen.

La Cité de l’innovation a lancé la quatrième édition de l’activité «Innovation et Création d’entreprises ICE 2014» et «Innova Project», comment évoluent ces projets ? Chaque année, la Cité lance un concours de sélection des meilleurs projets dans le cadre de l'activité «Innovation & Création d'entreprises ICE», attribue des prix aux gagnants et leur propose d’incuber leurs projets. Nous avons pu incuber quatre entreprises. «Innova Projet» est le fruit d’une convention-cadre entre notre Université, le ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies et la Confédération générale des entreprises du Maroc. Ce concours a été lancé au sein de six universités et écoles d’ingénieurs et devrait être généralisé à 18 universités et écoles. Il porte sur un module de formation en création d’entreprises innovantes proposé aux étudiants universitaires marocains. L’idée étant d’approcher les étudiants avec l’environnement des affaires au Maroc et leur permettre de développer la culture d’innovation et l’esprit d’entrepreneuriat.

Est-ce que les étudiants adhèrent facilement à «Innova Projet» ? Nous sommes cette année à la troisième édition de «Innova Projet». Nous lançons un appel à projets et nous menons une campagne de sensibilisation auprès des étudiants. Nous recevons généralement des demandes de 200 à 300 étudiants sachant que l’Université abrite plus de 80 000 étudiants. Nous retenons après sélection quelque 100 étudiants.

Pourquoi ces projets ne suscitent-ils pas beaucoup l’intérêt des étudiants ? L’Université fait beaucoup d’effort et associe des experts et des industriels à ses différents projets pour susciter l’intérêt de plusieurs étudiants, mais l’entrepreneuriat intéresse très peu les étudiants. C’est une réalité que nous espérons pouvoir changer au fil des années et des projets. 

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