26 Mai 2014 À 17:40
Le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a présidé hier à Rabat la cérémonie de signature du contrat programme entre l’État et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable pour la période 2014-2017. L’objectif est de rétablir l’équilibre financier de l’Office sérieusement mis à mal par les efforts consentis «tant sur le plan de l’exploitation que de l’investissement, conjugués à un contexte d’intervention difficile», indique un communiqué de la primature.
Concrètement, l’effort de redressement s’élèvera à environ 45 milliards de dirhams couvrant la période 2014-2017. Ce montant sera assuré à hauteur d’environ 70% par l’État et par des économies de gestion et d’exploitation dégagées par l’ONEE. Le reste sera assuré par des ajustements tarifaires répartis à partir du 1er août 2014 sur la durée du contrat programme, pour assurer l’adéquation nécessaire entre le prix de revient et le prix de vente de ces produits. Pour l’État, le contrat programme se traduira ainsi par un engagement financier global de l’ordre de 22 milliards de dirhams, dont près de 14 milliards de dirhams dans la cadre de l’appui financier direct à l’ONEE. L’État s’engage également à soutenir l’ONEE pour le recouvrement de 3,5 milliards de dirhams des arriérés cumulés par les régies, les communes et les administrations au titre des consommations et des contributions aux programmes d’électrification et d’alimentation en eau potable.Pour l’ONEE, le contrat programme se traduira par des économies dégagées par l’Office pour un montant de l’ordre de 8 milliards et 200 millions de dirhams, au titre des efforts d’amélioration de ses performances et de rationalisation de ses charges par l’optimisation de la production, de la distribution et l’amélioration du rendement des réseaux, la rationalisation des charges de gestion, et la cession et la valorisation à travers la concurrence du patrimoine non lié directement aux activités de l’Office.
S’agissant des abonnés, leur contribution aux efforts de redressement devrait permettre d’engranger 13 milliards et 950 millions de dirhams entre 2014 et 2017. Et là, le gouvernement tient à préciser que l’effort d’ajustement tarifaire qui entrera progressivement en vigueur à partir du 1er aout 2014 n’aura aucun impact sur les couches sociales modestes. Ainsi, les ménages dont la consommation mensuelle d’électricité est inférieure à 100 kWh par mois (4,1 millions d’abonnés) et ceux dont la consommation mensuelle d’eau ne dépasse pas 6 m3 par mois (2,2 millions d’abonnés) ne risquent en principe aucune augmentation tarifaire. Par ailleurs, le gouvernement s’engage à mettre en œuvre la facturation individuelle pour les ménages desservis par un compteur commun pour les faire bénéficier des avantages de la tranche sociale.
À travers le contrat programme signé hier, l’État entend assurer la sécurisation de l’approvisionnement du pays en énergie électrique et en eau, en poursuivant l’effort d’investissement nécessaire en moyens de production et en infrastructures de réseaux. Il compte aussi à travers «cet effort partagé, équilibré et progressif», concrétiser l’accès généralisé aux services de l’électricité portant le taux d’électrification rurale de 98,5% à fin 2013 à 99,7% à fin 2017. Il souhaite en outre généraliser l’accès à l’eau potable en milieu rural en portant le taux d’accès de 94% en 2013 à 96,5% en 2017.