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Plus de 80% des opérateurs disposent de moins de deux véhicules

Dix ans après la mise en œuvre de la réforme du transport des marchandises, le secteur reste confronté à bon nombre de problèmes qui compromettent sa compétitivité. Le transport des marchandises reste peu développé en raison de sa structure fragmentée et atomisée puisque 87% des opérateurs disposent de moins de deux véhicules.

15 Juillet 2014 À 19:39

Le transport routier des marchandises a connu un essor considérable lors de cette dernière décennie, grâce au processus de libéralisation enclenché depuis 2003. Le nombre des entreprises opérant dans le secteur a ainsi atteint 41.610 en 2014, contre 2.800 en 2003.

Mais, l’ouverture du marché a généré plusieurs dysfonctionnements. Le nombre des véhicules destinés au transport des marchandises pour compte propre est passé de 8.771 en 2003 à 32.508 en 2014. Cet accroissement a privé le secteur routier «professionnel» des parts du marché, en favorisant la concurrence déloyale. Autre dysfonctionnement, les pratiques tarifaires déloyales, à travers l’adoption des tarifs en dessous des coûts de référence. À cela s’ajoute la pléthore d’offre par rapport à la demande. Aussi, la multiplication des entreprises a-t-elle conduit à l’apparition de plusieurs instances syndicales. Ce qui a compliqué davantage le dialogue entre l’administration et les professionnels. La vétusté du parc est l’une des insuffisances majeures du secteur. L’âge moyen de la flotte nationale est estimé à 13 ans. 20% des véhicules opérant dans le transport pour compte d’autrui ont dépassé 15 ans, 50% de la flotte sont âgés de 10 ans et 26% ont de moins de 5 ans. Il est à noter que la consommation du gasoil de la flotte nationale opérant dans le secteur, avoisine 22% de la consommation nationale annuelle. Il s’agit de près de 1,3 million de m3 du gasoil par an. D’ailleurs, les dépenses de carburants tournent autour de 30 à 34% du coût global de l’activité. L’évaluation de 10 ans de l’entrée en application de la réforme fait ressortir des défaillances en matière d’organisation et de régulation du secteur.

lusieurs insuffisances ont été décelées au niveau de l’application de la loi 16-99 sur les transports, notamment, le volet portant sur l’accès à la profession. D’ailleurs, la tutelle reconnaît le manque de contrôle régulier des conditions d'accès à la profession ainsi que l'inapplication des sanctions, notamment en matière de radiation d’une entreprise du registre spécial des transporteurs de marchandises. Les contournements de la loi sont légion. Il s’agit, essentiellement, de fausses déclarations faites délibérément par les transporteurs pour échapper à la réglementation ainsi que du retrait des fonds de la banque après l’inscription au registre. Pour le lot, ce déficit en matière de régulation a donné comme principaux résultats le développement de l’informel et l’apparition des entreprises artisanales, en total déphasage avec les objectifs annoncés dans la réforme. 

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