Spécial Elections 2007

Le SOS du Moghreb de Fès

L’inquiétant feuilleton financier et gestionnaire du Moghreb de Fès peut-il déboucher sur un cataclysme ? En clair, peut-on imaginer un pire scénario que celui dans lequel vit actuellement le club ? La guerre des nerfs à laquelle on assiste en ce moment entre l’actuel président, Marouane Bennani, et ses opposants ressemble en tout cas à un jeu dangereux. L’assemblée générale extraordinaire du 28 septembre pour élire le successeur de Bennani peut être capotée si les différents acteurs de ce dossier n’arrivent pas à un consensus d’ici là.

La formation du Moghreb de Fès saison 2014-2015.bPh. Seddik

22 Septembre 2014 À 14:35

Le MAS est en train de vivre les pires moments de son histoire. En pour cause la mauvaise gestion du club qui a poussé les autorités de la ville de Fès à lui couper les vivres ; ce qui a accentué sa crise financière. En ligne de mire, l’actuel président, Marouane Bennani, dont les relations se sont détériorées avec le maire de la ville, Hamid Chabat. Seul et sans le moindre centime, Bennani a brandi à plusieurs reprises la menace de brader les joueurs du club pour récupérer son argent et s’en aller. Une menace qu’il a mise à exécution puisqu’il a cédé Abdelhadi Halhoul à la Renaissance Berkane moyennant 1 MDH et Mohamed Ali Bamaamar au Raja de Casablanca pour une somme de 2 MDH. Jusque-là, rien d’anormal jusqu’au moment où les adhérents découvrent que Bennani a retiré cet argent des comptes du club et décident alors de déposer plainte contre lui. «On ne peut pas croiser les bras et laisser Bennani faire ce qu’il veut.

L’argent du transfert de Bamaamar et de Halhoul doit partir aux caisses du MAS et non pas à la poche de Bennani», s’est indigné Reda Zaïm, membre du comité. «L’arrangement à l’amiable trouvé entre le comité et Bennani qui consistait à ce que ce dernier quitte la présidence du club en contrepartie de verser une partie de l’argent qu’il avait avancé au club (3MDH) est caduque. C’est à la justice de dire s’il a des irrégularités au niveau des comptes ou pas. On n’accuse personne, mais on veut de la transparence», précise Zaim.

Même son de cloche chez Saad Akesbi, ancien dirigeant du club, qui nous a indiqué qu’il était intervenu dans ce dossier pour essayer de rapprocher les points de vue des uns et des autres. «Ça fait huit ans que je me suis retiré du MAS. Quand on a fait appel à moi, j’ai accepté de jouer les bons offices. Une fois que j’ai pris connaissance du dossier, j’ai effectivement constaté qu’il existe beaucoup de zones d’ombre dans les comptes du club. Ça saute aux yeux. Il n’existe pas de documents comptables en mesure de permettre aux enquêteurs d’auditer les comptes», nous a-t-il indiqué. Et de conclure avec salve contre l’actuel président à qui il impute tous les maux du club. «La crise du MAS est avant tout une crise de gestion. On ignore la manière avec laquelle se font les choses».

Bennani : l’assemblée générale m’a donné le quitus

À toutes ces accusations, Bennani répond que l’assemblée générale du 2 août a approuvé à l’unanimité les rapports moral et financier. Et d’ajouter que l’assemblée lui a donné le quitus qui prouve que le club lui est redevable de plus de 6 millions de DH. Tout ce qui se dit à propos des irrégularités est pure fiction. Les comptes du club sont certifiés. «Il n’a pas d’irrégularité. J’ai effectivement retiré 2 MDH, des comptes du club, mais ce retrait est légal puisque je ne fais que prendre ce qui me revient de droit. J’ai le quitus qui prouve que le club m’est redevable de plus de 6 MDH», nous a-t-il précisé. Tous ceux qui s’agitent maintenant étaient présents lors de l’assemblée générale. Ils auraient pu s’opposer au moment du vote. Je ne comprends pas cette volte-face, regrette-t-il. Le président du MAS souligne qu’il continue de gérer les affaires du club jusqu’à l’assemblée générale du 28 septembre et qu’il se retire ensuite définitivement du football.

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