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Comment critiquer sans démotiver ses collaborateurs

Le manager est un meneur d’équipe, un leader qui doit favoriser la montée en compétence de ses collaborateurs. Et il se trouve que la critique constructive, grâce au changement de comportement qu’elle entraîne, figure parmi les moyens susceptibles de stimuler et d’augmenter la performance des collaborateurs. Les règles à respecter et les erreurs à éviter avec Malgorzata Saadani, coach consultant certifiée ICC, DG d'ANC Communications.

Pour être sûr d'adresser la critique à la bonne personne et à juste titre, le manager doit s'assurer des faits objectifs ayant mené à une situation reprochable.

10 Juillet 2015 À 18:00

Éco-Conseil : Comment faire une critique constructive sans démotiver son collaborateur ?Malgorzata Saadani : Avant d'entamer la délicate mission d'exprimer la critique, le manager doit absolument être au clair sur l'objectif de cette démarche, notamment le changement de comportement espéré de la part de son collaborateur. Toute action dans ce sens sera donc soumise à cet objectif, le plus précis possible. Pour être sûr d'adresser la critique à la bonne personne et à juste titre, le manager va tout d'abord s'assurer des faits objectifs ayant mené à une situation reprochable. Ensuite seulement, il donnera son opinion personnelle (subjective) défavorable et mentionnera la règle de conduite en entreprise ou la norme réglementaire, voire la valeur communément partagée qui n'a pas été respectée par son collaborateur, pour enfin exprimer ses attentes vis-à-vis de lui, formulées de manière positive et spécifique : «Je m'attends à ce que vous respectiez la procédure».

Quels sont les moyens à utiliser pour que la critique soit mieux entendue et qu’elle mène rapidement au changement souhaité ?Premièrement, la critique concerne les comportements ou les rendus, et non pas les personnes. Il y a une grande différence entre entendre : «Tu es incompétent» et «Ton dossier est incomplet» ou bien : «Tu t'es ridiculisé» et «Ton comportement lors de la réunion était inapproprié». Une autre clé de la critique réussie, c'est de nouer un dialogue calme et factuel afin d'obtenir de la part du collaborateur une «déclaration» de ce qu'il fera désormais (nouveau comportement souhaitable). Pour cela, il est utile de lui poser des questions stimulantes qui l'aideront à bien visualiser et détailler sa future attitude, par exemple : «Qu'est-ce que tu proposes pour remédier à ce problème à l'avenir ?» ou «Par quoi peux-tu commencer ?» afin d'entendre : «Je m'assurerai de l'actualisation de la base de données» ou «Je demanderai à ma collègue de lire mon texte afin de repérer les erreurs éventuelles». Une déclaration verbale (ou même écrite) ainsi faite motivera le collaborateur pour l'appliquer beaucoup plus que de dire un simple «oui» à la proposition verbalisée par le manager lui-même.

En quoi une mauvaise gestion des reproches peut-elle affecter le rendement d’un collaborateur ?Un reproche qui a pour seul but de soulager les nerfs du manager et de culpabiliser le collaborateur n'a aucun effet positif sur ce dernier. Au lieu de le «responsabiliser» et lui montrer la voie de l'amélioration, elle le met dans la position du «fautif» qui fait le profil bas et laisse passer l'orage, sans même se poser la question de fond : comment changer le comportement dans le but d'améliorer les rendus et le fonctionnement du service ou de l'entreprise. En plus, si les reproches sont disproportionnés, discourtois ou formulés envers une personne innocente, elles peuvent être à l'origine de conflits et d'injustices générant d'autres problèmes, à leur tour. 

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