30 Juillet 2015 À 15:29
Les principaux instruments de financement dont dispose une entreprise pour financer ses projets d’investissement sont les instruments de Capitaux propres et les instruments de Dettes. À l’intérieur de chaque famille, il y a plusieurs produits qui dépendent de la taille de l’entreprise, de la culture de ses dirigeants, du coût financier et de la facilité d’accès au type de financement souhaité. Le marché financier marocain offre une panoplie d’instruments ad hoc.
Projets d’investissement : de quoi parlons-nous ?Les investissements sont des dépenses qui consistent à acquérir ou à fabriquer des immobilisations. Par immobilisation, il faut entendre tout bien détenu ou contrôlé par l’entreprise, identifiable et valorisable, d’une durée de vie supérieure à 1 an et procurant des avantages économiques futurs (augmentation de revenus et/ou réduction de charges). L’investissement est donc une renonciation à un revenu immédiat (dépense actuelle) pour un revenu plus élevé dans le futur (bénéfices prévisionnels). La réalisation financière d’un projet d’investissement passe par plusieurs phases :• Étude de faisabilité, en vue d’évaluer l’attrait économique du projet. • Réalisation de projections financières pour valider sa solidité : revenus, marges et flux de trésorerie. • Évaluation des différents modes d’exécution et sélection des plus pertinents.• Développement d’une stratégie de financement : type (dettes ou fonds propres) et pondération.• Présentation et road-show auprès des bailleurs de fonds.• Négociation des termes de financement.• Contractualisation.Ces phases peuvent se dérouler sur quelques semaines jusqu’à plusieurs années, en fonction de la taille du projet, de sa complexité et de sa rentabilité prévisionnelle.
Qu’est-ce qu’un investissement rentable ?La sagesse économique veut qu’un investissement rentable trouve facilement un financement approprié. Un investissement n’est rentable, au sens économique, que si les flux futurs actualisés qu’il dégage sont supérieurs aux ressources qu’il a consommées. Autrement dit, il faut que ses soldes de trésorerie futurs (recettes – dépenses) soient positifs. Dans l’évaluation de l’attrait d’un investissement, l’analyste doit tenir compte de la valeur temps de l’argent, partant d’un principe qu’un dirham aujourd’hui a une valeur supérieure à un dirham dans une année, toutes choses étant égales par ailleurs. Il s’en suit que pour comparer des flux de trésorerie, portant sur des horizons différents, il faut procéder à leur actualisation. Celle-ci consiste en l’application à ces flux d’un taux reflétant leur risque (probabilité d’occurrence). Ainsi, plus les flux sont incertains, plus le taux dit d’actualisation est élevé ; et plus il est élevé plus la valeur actuelle de ces flux est faible. Et vice versa.
Les outils de financement classiquesIl existe une panoplie d’instruments de financement des projets d’investissement qu’on peut ranger dans deux grandes familles : Dettes et Capitaux propres.
- Crédits bancairesIl s’agit de prêts à moyen terme accordés soit par une banque seule soit par un consortium bancaire. Leur durée varie entre 2 et 7 ans, en fonction des capacités financières de l’entreprise qui doit non seulement pouvoir assurer le remboursement du crédit, mais encore le paiement des intérêts. Ce type de crédit s’applique à des investissements de durée moyenne tels que les machines et les biens d’équipement et moyens de production. Le financement couvre rarement la totalité de l’investissement. Le pourcentage du programme financé par ce type de crédits est compris en général entre 70 et 75% du montant de l’investissement. Les remboursements se font, en général, tous les trimestres et peuvent faire l’objet de règlements anticipés. L’investisseur peut bénéficier, à sa demande, d’une période de différé négociée avec la banque, avant le remboursement du capital tenant compte de la durée de réalisation du projet présenté. Des suretés réelles et/ou personnelles sont généralement exigées, à titre de garantie.
- Emprunt obligataireL’emprunt ou l’émission obligataire est un appel de fonds lancé par une entreprise, une banque, un État ou une organisation gouvernementale sur un marché réglementé (bourse). Il est matérialisé par des titres financiers de créance, appelés obligations. Ces obligations, achetées par des investisseurs, sont négociées et tarifées à l’unité. Elles prévoient le versement d'un intérêt, le plus souvent annuel, et un remboursement au terme de plusieurs années. L’emprunt obligataire constitue une des meilleures alternatives au financement bancaire. En effet, plutôt que de rechercher de l’argent auprès des banques parfois frileuses, l’entreprise peut émettre ces titres auprès d’investisseurs directement sur le marché financier. Bien que comportant plusieurs avantages, ce mode de financement reste peu utilisé au Maroc et il est souvent l’apanage des grandes entreprises.
- Financement direct ou externeLe financement externe par capitaux propres se fait par appel à des investisseurs voulant détenir des titres de propriété dans l’entreprise. Ces titres qui peuvent être des actions ou des parts sociales donnent à leurs détenteurs plusieurs droits (gestion, information et rémunération). L’apport initial est appelé Capital social et désigne les ressources apportées à une société par ses associés lors de sa création ou suite aux augmentations de capital ultérieures. Le capital social est composé du nombre d’actions ou de parts sociales multiplié par leur valeur nominale. Le financement par les capitaux peut se faire soit via une émission privée (nombre limité d’actionnaires) soit par une introduction en bourse (offre publique sur un marché financier).
- Financement indirect ou interneCe type de financement est appelé dans le jargon financier «autofinancement». Il correspond à un prélèvement sur les bénéfices à distribuer aux actionnaires ou aux associés pour les réinjecter dans l’entreprise, en vue de financer ses investissements futurs. La Capacité d’autofinancement d’une entreprise correspond à son Bénéfice net majoré des charges non décaissées (amortissements et provisions) et minoré des produits non encaissés (reprises sur amortissements et provisions).