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Le ministère examine la possibilité de plafonner les frais de scolarité dans l’enseignement privé

12% des élèves sont inscrits dans l’enseignement privé au Maroc avec une forte concentration sur l’axe Rabat-Casablanca. Le ministre de l’Éducation nationale Rachid Belmokhtar reconnait que la ruée vers les écoles privées se justifie notamment par «la problématique de la qualité» de l’enseignement public. Afin de remédier à la question des tarifs des établissements privés, jugés souvent élevés, le ministère est en train de réfléchir à la possibilité de fixer à l’avenir un plafond pour les frais de scolarité dans le cadre des cahiers des charges.

La crise que vit l'école publique explique en partie la ruée vers l'enseignement privé.

10 Mai 2015 À 16:01

La problématique de la qualité de l’enseignement public pousse de plus en plus de parents à scolariser leurs enfants dans des établissements privés. Ce constat n’est certes pas nouveau. Mais il prend une résonance particulière lorsqu’il est dressé par le ministre de l’Éducation nationale en personne au sein du Parlement. Rachid Belmokhtar estime qu’il est temps de s’atteler à améliorer la qualité de l’enseignement public qui «vit une crise», pour reprendre ses propres termes. Dans l’attente de la concrétisation de ce vœu, le gouvernement est appelé à renforcer le contrôle sur l’enseignement privé qui n’est pas homogène, tant au niveau de la qualité que des prix pratiqués.

Les parlementaires de la Chambre des conseillers tirent la sonnette d’alarme : les parents semblent pris au piège et se trouvent dans l’obligation d’accepter les augmentations successives des tarifs pratiqués par les écoles privées. Les frais de scolarité des écoles privées ne sont ni réglementés ni plafonnés. Sur ce point, le ministre de l’Éducation nationale rappelle que les établissements de l’enseignement privé sont des entreprises et, par conséquent, sont régis par la législation en vigueur dans ce secteur. Toutefois, le ministère est en train de réfléchir à des solutions permettant à l’avenir de fixer un plafond pour les frais de scolarité dans le cahier des charges. Sur le volet de la qualité, le ministère dispose de mécanismes de suivi et de contrôle. M. Belmokhtar rassure, chiffre à l’appui. Entre 2013 et 2015, quelque six établissements d’enseignement privé ont été sommés de fermer leurs portes. Des avertissements sont adressés à bon nombre d’écoles en raison notamment des dysfonctionnements enregistrés au niveau des inscriptions ou encore des disparités flagrantes entre les notes des contrôles continus et celles des examens normalisés. Ces mesures restent insuffisantes, de l’avis même de M. Belmokhtar. «Nous essayons de revoir l’approche d’évaluation et d’inspection en recourant à de nouvelles méthodes», explique-t-il.

L’idée est de s’assurer du respect des procédures pédagogiques dans les établissements d’enseignement privé qui accueillent actuellement 12% des élèves scolarisés au Maroc, soit 785.000 personnes. Ce taux reste acceptable, d’après le ministre de l’Éducation nationale. Tout porte à croire que l’évolution de ce secteur sera confortée dans les années à venir. Le défi est de pouvoir non seulement maitriser le développement de ce secteur, mais aussi d’assurer un équilibre entre les régions. Les écoles privées sont plutôt concentrées sur l’axe Rabat-Casablanca. Sur les 3.940 établissements que compte le Maroc, plus de 900 sont dans la région du Grand Casablanca et 400 dans la région de Rabat. La région de Fès arrive en troisième position avec plus de 250 écoles privées. 

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