28 Avril 2015 À 17:55
Au Salon de Shanghai (22-29 avril), des industriels évoquaient en souriant l'époque pas si lointaine, il y a une douzaine d'années, où les acheteurs chinois apportaient aux concessionnaires des brassées de billets de banque en liasses serrées. Les cartes bancaires ont remplacé l'argent liquide, mais le paiement comptant reste largement majoritaire. Cette habitude culturelle très ancrée, à rebours des pays occidentaux, s'effrite cependant rapidement sur le premier marché automobile mondial. «Le taux de pénétration des crédits autos gonfle vite. En 2014, 19% des acheteurs de voitures souscrivaient un crédit, contre 17% en 2013», observe Lin Huaibin, du cabinet IHS Automotive. Ils étaient moins de 10% en 2010.
La marge potentielle de progression est immense : en France comme aux États-Unis, 70% des achats de voitures neuves sont à crédit. En Chine, les constructeurs étrangers sont très en avance sur ce terrain par rapport à leurs rivaux locaux, alors que s'exacerbe la concurrence entre marques internationales sur fond de ralentissement marqué des ventes. Presque tous les grands noms du secteur ont emboîté le pas à General Motors et Volkswagen, qui furent les premiers en 2004 à mettre en place des filiales spécifiques destinées à financer les stocks des concessionnaires puis à offrir des crédits aux particuliers. Le régulateur bancaire a révélé mi-2014 que les prêts accordés à des particuliers par les 17 sociétés de finance automobile autorisées dans le pays s'élevaient alors à 195 milliards de yuans (29,6 milliards d'euros)... contre 1,3 milliard de yuans en 2005.