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Les populations usagères incontournables

Le renforcement du partenariat avec la société civile en vue d'améliorer la gestion durable des forêts a été évoqué lors d'un atelier, lundi dernier à Rabat, par le Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification. Au Maroc, plusieurs projets, dont certains sont achevés, visent une intégration des populations usagères de ces écosystèmes.

L'exemple des chèvres broutant feuilles et fruits de l'arganier, première essence forestière au Maroc, est édifiant. Le surpâturage empêche la régénération naturelle de l'arbre. bPh. DR

10 Février 2015 À 18:43

Déforestation, surpâturage, surexploitation du bois de chauffe... sont les principaux fléaux, liés aux activités humaines, dont souffrent les forêts marocaines. La limitation des effets de ces activités économiques, qui empêchent la régénération naturelle des arbres, réduit la productivité de la forêt et les fonctions de protection des bassins versants, passe par l'implication des populations. Plusieurs projets ont été lancés dans ce sens tel que le projet de gestion intégrée des forêts du Moyen Atlas, clôturé en décembre 2014, et qui a intéressé 32 communes. Plus récemment, le Haut Commissariat aux eaux et forêts et la lutte contre la désertification (HCEFLCD), Abdeladim Lhafi, a présidé, lundi 9 février à Rabat, un atelier national sur le thème du renforcement du partenariat pour la gestion et la valorisation durables des forêts marocaines, avec l’appui de l’Union européenne. Selon le HCEFLCD, le nombre des associations pastorales est passé de 7 en 2005 à près de 160 en 2014. Celui des coopératives est passé de 9 à 136 coopératives, dont 14 groupements d’intérêt économique bénéficiant à plus de 7.000 coopérants, avec un revenu moyen mensuel de 2.000 DH. Dans un autre registre, le HCEFLCD a œuvré à la requalification de 370 entreprises forestières pour plus d’efficacité dans les réalisations.

Gestion communautaire des parcours

Interrogé par «Le Matin» en décembre dernier, Fouad Bergigui, chargé de programme au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), explique que le projet de gestion intégrée des forêts du Moyen Atlas a développé un modèle de gestion participative de l’espace agro-sylvo-pastoral basé sur l’organisation des populations en dix groupements communautaires sur une base territoriale et le partenariat avec le HCEFLCD impliquant des institutions telles que le département de l'Agriculture, l’Agence de développement social et la commune. Le HCEFLCD prévoit, en 2015-2024, l’intégration de la population en bâtissant une nouvelle stratégie de gestion des parcours et l’exploitation du bois de feu, le développement de nouveaux et instruments pour établir un dialogue de confiance avec tous les partenaires et la synergie des projets forestiers avec ceux de l’Instance nationale pour le développement humain (INDH). L'atelier de Rabat a été organisé avec l’appui de l’Union européenne, qui soutient la politique forestière du Maroc dans le cadre d’un vaste programme de 410 millions de DH mis en œuvre de 2013 à 2017.

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