03 Mars 2015 À 19:03
Le promoteur immobilier espagnol Martinsa-Fadesa a annoncé lundi soir sa faillite, l'une des plus importantes en Espagne, rapporte l'AFP. Faute de soutien à son plan de redressement, le groupe a donc décidé de demander sa liquidation judiciaire.Selon la presse, précise l’agence française, son nouveau plan de sauvetage a été rejeté par 75% de ses créanciers qui avaient jusqu'au 26 février pour se prononcer, l'acculant à la faillite. «Banco Popular, Abanca, la Sareb (la “bad bank” espagnole créée en 2012 pour gérer les actifs immobiliers toxiques gonflant les bilans des banques), et Caixabank, ont estimé que le plan n'était pas viable, selon le journal économique “Cinco Dias”», rapporte l'AFP.
Ces institutions «ne devraient toutefois pas être touchées étant donné qu'elles ont déjà dû prévoir de larges provisions, et plusieurs organes de gestion d'actifs ont été créés», selon Pablo Kindelan, du cabinet de consultants DTZ, cité par l’agence. Le groupe, dont le dépôt de bilan à l'été 2008 fut le plus important de l'histoire du pays avec une dette colossale de 7,2 milliards d'euros, avait déjà été sauvé de justesse en mars 2011 par un plan de refinancement.«Il prévoyait alors le remboursement de la dette sur huit ans, à partir de 2012, mais n'a pas pu redresser la barre», est-il souligné.
Selon son rapport 2014 publié vendredi soir, le groupe, présent surtout en Europe (Espagne, France, Roumanie, Hongrie, Pologne, République tchèque), mais aussi au Maroc et au Mexique, affichait une dette totale de sept milliards d'euros fin 2014. La société dispose d'actifs évalués à 2,4 milliards.«Martinsa-Fadesa, dirigé par Fernando Martin, ne s'est jamais vraiment remis de l'achat de Fadesa pour plus de quatre milliards d'euros en 2007, avant l'explosion de la bulle immobilière», selon l'AFP. Le dirigeant de Fadesa, Manuel Jove, dont la fortune personnelle est estimée à deux milliards par le magazine Forbes, avait vendu 55% de parts du groupe Fadesa pour trois milliards d'euros. Il a été accusé d'avoir surévalué l'entreprise, mais Martinsa n'a pas eu gain de cause. Rappelons que l'éclatement de la bulle immobilière a plongé l'Espagne dans une profonde récession dont elle n'est sortie qu'en 2013, avec une explosion du taux de chômage qui reste toujours à des niveaux records, soit 23,7% de la population active.