06 Février 2015 À 17:58
La protection de l’environnement n’est plus un vœu pieux. Elle est désormais au cœur des préoccupations de l’autorité régionale et des responsables locaux du Gharb Chrarda Beni Hssen. Tenu sur le thème « Merja de Fouarate, propreté et développement durable, cultivons le partenariat !», le lancement des travaux d'aménagement de la Merja de Fouarate de Kénitra a été largement saluée par la société civile.
Tout un programme visant la protection et la valorisation de ce site d’intérêt biologique et écologique a été mis en place. Le coup d’envoi de la première partie de ce grand chantier a été récemment donné par Zineb El Adaoui, wali du Gharb Chrarda Beni Hssen, en présence des partenaires concernés. Le projet consiste en une campagne de nettoiement et de curage de ce site avec le concours de l’Agence d’aménagement de la lagune de Marchica, les services déconcentrés de l’Etat, les associations de quartiers et celles œuvrant dans le domaine de la protection de l’environnement.
Cette opération arrive à point nommé. Compte tenu de sa position géographique, la Merja de Fouarat est dans un état tel qu’il constitue, de l’aveu de plusieurs experts, une menace écologique et un véritable danger pour la santé d’une population qui dépasse largement celle de la capitale du Gharb.
Situé au nord-est de Kénitra, le lac communique directement avec la nappe phréatique de la Maâmora, plus grand réservoir d’eau douce souterraine du Maroc. La valeur écologique du site est également renforcée par la présence d’une avifaune riche et diversifiée, sachant que quatre espèces d’oiseaux d'eau parmi les 57 qui s’y retrouvent sont inscrits sur la liste rouge mondiale des oiseaux menacés (Aythya nyroca, Numenius arquata et Limosa limosa). De même, 31 espèces (plus de 50 % du peuplement) ont un statut de conservation défavorable en Europe. Cet écosystème fragile subit, depuis un certain temps, une intense pression anthropique due aux multiples rejets des eaux usées domestiques et industrielles non traitées. Le site subit en outre des remblaiements qui menacent sérieusement sa présence à moyen terme.
Les eaux de la Merja accentuent également la pollution de l’Oued Sebou situé à quelques encablures du site. Bien que la Merja de Fouarate remplisse au moins quatre critères de la Convention de Ramsar (critères 1, 2, 4 et 6), elle ne bénéficie actuellement d’aucun statut de protection en dehors de son identification comme site d'intérêt biologique et écologique. Il est à espérer que cette nouvelle conscience écologique au niveau de la capitale du Gharb contribuera à la dynamique nationale actuelle, qui fait de la protection de l'environnement un facteur clé du développement économique et social du pays.