04 Juin 2015 À 19:27
Le Haut Commissariat au Plan (HCP) revoit encore une fois sa prévision de croissance pour 2014. Mais, cette fois-ci à la hausse et sur la nouvelle base des comptes nationaux, qui est désormais 2007 au lieu de 1998.Après avoir tablé sur 2,5% en juin de l’année dernière puis sur 2,2% fin mars dernier, le HCP vient de rehausser son estimation de la croissance de l’économie nationale en 2014. La dernière livraison de l’Arrêté de comptes nationaux provisoires de l'exercice écoulé fait ressortir, en effet, une amélioration du PIB de 2,4% au lieu de 4,7% en 2013. Ce ralentissement s’explique par le recul de l’activité agricole et le rythme d’accroissement modéré des activités non agricoles. En effet, la valeur ajoutée du secteur agricole a baissé de 2,5% en volume, contre une hausse de 17,9% une année plus tôt.
Celle des activités non agricoles s’est accrue de 2% au lieu de 1,9% en 2013. De ce fait, la hausse du PIB hors agriculture en volume est passée de 3% en 2013 à 3,1% en 2014. L’Arrêté des comptes nationaux montre également que la croissance économique continue d’être tirée par la demande intérieure et «significativement par la demande extérieure en cette année». Le HCP nuance, toutefois, que la demande intérieure a marqué un net ralentissement de son rythme d’accroissement.Ainsi, la demande intérieure n’a crû que de 1% en 2014 contre 4,2% un an auparavant. Ce qui ramène sa contribution à la croissance du PIB à 1,2 point, contre 4,8 points en 2013.Ce ralentissement a touché aussi bien les dépenses de consommation finale des ménages que la consommation finale publique.
La première n’a augmenté que de 3,2% après 3,7% en 2013, avec une contribution de 1,9 point à la croissance du PIB au lieu de 2,8 points en 2013.La consommation finale publique est passée d’un rythme de croissance de 4,2% en 2013 à 1,8% en 2014, avec une contribution à la croissance de 0,3 point contre 0,8 en 2013.La formation brute du capital fixe, deuxième composante de la demande intérieure, a encore baissé, mais avec un rythme plus modéré (-0,4% au lieu d’une baisse de 1,5% en 2013). Sa contribution à la croissance est ainsi passée de –0,5 point en 2013 à -0,1 point en 2014.S’agissant de la demande extérieure, le HCP note que sa contribution devient positive pour la première fois depuis 2010.En fait, les exportations de biens et services ont progressé de 6,3% en volume en 2014 au lieu de 0,9% en 2013. De même, les importations ont affiché une amélioration de 1,8% au lieu 0,9%. La contribution des échanges extérieurs nets est ainsi passée de -0,1 point en 2013 à 1,2 point en 2014.
Autre indicateur en amélioration en 2014, selon le HCP, le besoin de financement de l’économie nationale qui poursuit son allégement. Il est ainsi passé de 7,7% du PIB en 2013 à 5,8% en 2014.Une évolution qui s’explique d’abord par l’amélioration du revenu national brut disponible qui s’est apprécié de 2,4% contre 7,3% en 2013 pour se situer à 985 milliards de DH en 2014. Ce qui provient d’une augmentation du PIB en valeur de 2,6% en 2014 et une diminution des revenus extérieurs nets de 0,5%.Cet indicateur a profité également d’un accroissement de l’épargne nationale brute qui s’est établie à 26,4% du PIB, après avoir été de 27% une année auparavant, sous l’effet de l’amélioration de la consommation finale nationale de 3,2%.