03 Juin 2015 À 16:48
L'économie mondiale devra connaitre une baisse de croissance cette année, mais elle se redresserait en 2016, en se rapprochant de ses niveaux d'avant la crise, grâce à la chute des prix du pétrole. C’est ce qui ressort des dernières prévisions de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), rapportées par Reuters.L’Organisation ramène, en effet, à 3,1% sa prévision de croissance mondiale 2015, contre 3,7% dans ses précédentes perspectives semestrielles, en novembre. Une révision qui s’explique, en partie, par le début d'année difficile aux États-Unis et le ralentissement plus marqué qu'anticipé jusqu'ici de quelques grands émergents. De ce fait, l’OCDE ne prévoit plus que 2% de croissance cette année aux États-Unis, dont l'économie s'est repliée de 0,7% au premier trimestre, contre 3,1% précédemment, avant une accélération à 2,8% l'an prochain.
Elle s’attend aussi à un ralentissement un peu plus marqué de l'économie chinoise, dont la croissance tomberait de 7,4% en 2014 à 6,8% en 2015 puis 6,7% en 2016, soit 0,2 point de moins que prévu auparavant.Elle maintient, par contre, le statu quo en ce qui concerne la zone euro (+1,4% en 2015 et +2,1% en 2016), qu'elle avait déjà relevé dans ses prévisions intérimaires publiées en mars.Selon l'OCDE, la baisse des cours du pétrole devrait doper la croissance mondiale de 0,25 point cette année comme l'an prochain. Son impact serait plus important au Japon (0,6 point) et aux États-Unis (0,4 point), qu'en zone euro (0,2 point).Toutefois, leur relative stabilisation depuis quelques mois fait que l'effet de cette baisse sur l'inflation devrait s'amenuiser.
L’inflation atteindrait, quant à elle, de 0,7% cette année en zone OCDE puis de 1,7% l'an prochain, selon ces prévisions. Pour la zone euro, elle table sur une hausse des prix nulle en 2015 et une hausse de 1,3% en 2016.Le risque de déflation semble ainsi écarté selon l’OCDE. Cependant, elle estime qu’au Japon comme en Europe, la persistance d'une inflation faible nécessite le maintien de politiques monétaires accommodantes.Concernant les États-Unis, l’organisation estime que la situation justifie une remontée progressive des taux d'intérêt, mais elle s'abstient d'évoquer un calendrier précis, indiquant qu'il doit être guidé par les perspectives d'inflation et de robustesse de la croissance. Pour ce qui est de l'investissement, l'OCDE anticipe une hausse globale d'à peine plus de 2% en 2015, qui accélérerait à 4% en 2016, son rythme le plus élevé depuis la crise. «La principale raison de la faiblesse de l'investissement est la faiblesse même de la reprise et les doutes sur les perspectives d'une croissance plus forte», souligne-t-elle.