27 Décembre 2015 À 18:50
Sa passion : la peinture. Son terrain de jeu : la toile. Sa devise : la créativité et le sérieux. Il s'agit d'un artiste-peintre dont la richesse culturelle se répercute sur sa production picturale. Ce qui fait que, très rapidement, après un travail ludique dans son atelier, Hossein Tallal a découvert très jeune sa propre créativité et ses composantes. Aujourd’hui, le fils de la légende de l’art au Maroc, Chaïbia Talal, est considéré comme l’un des grands noms de la scène artistique marocaine. C’est ce que pense également le critique d’art français Jean Bouret qui qualifie Tallal comme l’un des meilleurs artistes-peintres marocains. En témoignent ses œuvres exposées un peu partout à travers le monde. Sa dernière série d’œuvres célèbre le néofiguratif dans ses splendeurs. Il a choisi de l’exposer à la galerie Brane’s Art de Rabat sur le thème «Portraits imaginaires». L'artiste y rend hommage aux personnages imaginaires et livre une véritable admiration à leurs états d’âme.
Tous ses personnages extraordinaires se meuvent avec souplesse et grâce. Maîtrisant la palette et la technique du dessin avec un rare lyrisme, Tallal saisit avec brio la posture et le mouvement de ces images idéalisées. La diversité étant le propre de la nature humaine, Hossein Tallal manipule les différentes techniques mises à sa disposition pour aboutir à un rendu visuel attrayant où la vie est toujours présente. D’ailleurs, depuis plus de cinquante ans, l’œuvre picturale de Tallal, romantique à souhait, est habitée par des personnages fantastiques, et où se mêlent des sentiments étranges. D’un désir d’évasion et de rêves, à une méditation silencieuse, les personnages de Tallal traversent tous les états d’âme. «Loin de toute ressemblance ou répétition stéréotypée, la peinture de Tallal, est celle d’une évasion aux frontières de l’art figuratif, une interprétation subjective de la réalité objective. Le spectateur, en abordant son œuvre, doit savoir qu’il va à la rencontre de cette vision, sinon il ne peut la comprendre. Son acte pictural n’a pas la prétention de reproduire la réalité visible, il essaie de saisir la beauté spirituelle édictée dans les états d’âme, en rendant l’invisible visible», souligne la critique d’art française Denise Divrone.
Dans cette exposition à la galerie Brane’s Art, les amateurs de l’art contemporain marocain pourront apprécier l’originalité de l’œuvre et la sobriété dans la technique articulée sur des recherches personnelles que le peintre imprime sur son style et son écriture syntagmatique. Il faut dire que l’œuvre de Hossein Tallal concilie d’abord les genres et les différences dans une même procession de visages au regard figé. «Peintre des foires orageuses, peintre des couleurs vives, Tallal sait aussi se mettre à l’écoute de la nuit. Si sa peinture sensuelle est dramatique, si sa peinture intellectuelle est onirique, sa peinture réaliste est franchement tragique», ajoute le critique d’art français Jean Bouret qui, à l’occasion d’une exposition des travaux de Hossein Tallal à la galerie Roue de Paris en 1967, avait écrit : «Les tableaux réunis ici sont d’une étrange beauté. Je ne sais pas pourquoi ils m’ont fait penser à William Blake, mais c’est ainsi et je n’y peux rien, même pas une tentative d’explication». Bref, cette exposition qui se poursuit à la galerie Brane’s Art de Rabat se veut tout d’abord une manière de célébrer le grand retour de Hossein Tallal, après une éclipse. Et les œuvres que ce plasticien chevronné présente aujourd’hui aux amateurs de l’art contemporain révèlent une audace picturale et une base structurelle parfaitement ordonnancées. C’est aussi et surtout le reflet d’une intensité stylistique originale.