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La Banque mondiale approuve un prêt de 150 millions de dollars

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé le 8 juillet un prêt de 150 millions de dollars pour la modernisation de l’irrigation à grande échelle. Quelque 9.300 agriculteurs sont concernés.

Le projet de modernisation de l’irrigation à grande échelle s’inscrit dans le cadre du Programme national d’économie et de valorisation de l’eau en irrigation.

09 Juillet 2015 À 18:35

La Banque mondiale a approuvé hier un nouveau prêt en faveur du Maroc. Montant : 150 millions de dollars. Ce fonds est destiné à financer le projet de modernisation de l’irrigation à grande échelle permettant d’améliorer l’utilisation des ressources en eau dans l’agriculture. Ce prêt, que nous avions annoncé en exclusivité en avril dernier, et s’inscrit dans le cadre de l’appui au Programme national d’économie et de valorisation de l’eau en irrigation (PNEEI).

«Le projet de modernisation de l’irrigation à grande échelle financera la modernisation des réseaux d’irrigation et renforcera les capacités des prestataires de services. Ceci afin d’optimiser la gestion d’une ressource limitée et de permettre à environ 9.300 agriculteurs de disposer de services hydriques fiables dont ils ont besoin pour pratiquer des cultures de plus grande valeur», souligne l’institution de Bretton Woods dans un communiqué. Plus précisément, le projet prévoit de faciliter l’accès des agriculteurs à l’eau — à la demande et de façon individuelle — dans quatre des neuf Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) et d’appuyer les ORMVA chargés de la gestion des périmètres d’irrigation à grande échelle de Doukkala, du Gharb, du Haouz et de Tadla.

Selon Gabriella Izzi, chef du projet et spécialiste senior de l’agriculture à la Banque mondiale, dans les périmètres d’irrigation à grande échelle du Maroc, de nombreux agriculteurs ne disposent pas d’un accès satisfaisant à l’eau, ce qui cause un certain nombre de problèmes. «Ils sont contraints de gérer l’eau de façon collective sans connaître exactement la quantité utilisée par chacun d’entre eux ni les frais dont ils doivent s’acquitter, ce qui est souvent source de différends. En conséquence, les agriculteurs — surtout les petits exploitants — ont tendance à faire des choix peu risqués, ce qui les conduit à produire des cultures relativement peu sensibles au stress hydrique, mais faiblement rentables», indique Gabriella Izzi. Grâce aux investissements en infrastructure, à l’assistance technique et au renforcement des capacités prévus par le projet, les ORMVA pourront aider les agriculteurs à bénéficier d’un accès continu et fiable à l’eau. Le projet, ajoutent les responsables de la Banque mondiale, facilitera la mise en place de compteurs d’eau individuels dans chaque exploitation agricole de manière à ce que le volume d’eau consommé puisse être précisément établi. L’amélioration du service permettra de recourir à des techniques d’irrigation plus efficientes, telles que le goutte-à-goutte.

«Le projet créera des conditions de nature à permettre aux agriculteurs d’améliorer leurs choix de cultures et d’accroître leur productivité. Ces exploitants pourront utiliser l’eau avec une efficacité et une efficience accrues, augmenter leurs rendements et l’intensité de leurs cultures et réorienter leurs systèmes de production vers des cultures de plus grande valeur», estime Marie-Françoise Marie-Nelly, fraichement nommée directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale. «Ces changements se traduiront par une hausse des revenus et des moyens de subsistance des agriculteurs. On estime que la modification des cultures et l’augmentation de leur intensité pourraient entraîner un doublement ou un triplement des revenus des petits exploitants dans l’ensemble des périmètres visés par le projet», souligne Marie-Françoise Marie-Nelly. 

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