11 Août 2015 À 17:55
Comme à l’accoutumée après la fin de chaque échéance électorale, l’heure est au bilan. Dans ce sens, la commission gouvernementale de suivi des élections, composée du ministre de l'Intérieur et de celui de la Justice et des libertés a salué le climat dans lequel se sont déroulées, vendredi dernier, les élections des membres des chambres professionnelles. Plaçant le Parti authenticité et modernité et le Parti de l’Istiqlal à la tête de 759 chambres professionnelles, soit 34,83% de la totalité des sièges disponibles, ces élections ont été suivies, toutefois, du dépôt de plusieurs plaintes de la part des certains candidats. Selon le bilan présenté par la commission de suivi des élections, le nombre des plaintes déposées devant le parquet général au niveau national a atteint 64 (soit 0,5% de l'ensemble des candidats), dont 39 ont été classées et deux feront l'objet de poursuites. Le reste (23 plaintes) est en cours d'investigation, toujours selon la commission.
De leurs côtés, certains partis politiques ont contesté la régularité du déroulement de l’opération électorale dans certaines circonscriptions ou dans l’ensemble. Le parti de l’Union socialiste des forces populaires a estimé que les élections des membres des chambres professionnelles ont été «entachées de points négatifs qui ont influencé, d'une manière ou d'une autre, leur déroulement démocratique». Lors d’une réunion de son bureau politique, tenue dimanche dernier, le parti de la rose a affirmé que «malgré le nombre limité du corps électoral des chambres professionnelles, les organes du parti et ses candidats ont constaté que les listes électorales n'étaient ni saines, ni transparentes». Le communiqué émanant de cette réunion souligne que le scrutin a enregistré une «férocité inédite en matière de transhumance et de changement d'appartenance, portant un coup dur à la philosophie inhérente à la moralisation politique et à la crédibilité de l'action politique.»
Le Parti de l’Istiqlal a, de son côté, contesté le déroulement du scrutin dans la ville de Larache au nord du pays, surtout au niveau des chambres de l’agriculture et de l’artisanat. Dans un communiqué, le parti a dénoncé «l’emploi de l’argent sale au grand jour, et ce avant et pendant le déroulement de l’opération électorale». Le parti de Hamid Chabat, bien qu'il se soit placé deuxième, a aussi critiqué l’intervention de certains représentants des autorités pour faire la promotion de certains candidats au détriment d’autres. Le parti du Chef de gouvernement a aussi trouvé à redire aux dernières élections professionnelles.
Le Parti de la justice et du développement (PJD) a en effet soulevé plusieurs questions en rapport avec l'opération dans son ensemble au niveau de la ville de Laâyoune.Rappelons que ces élections ont permis l’élection de 2.179 candidats parmi les 11.682 qui briguaient des sièges au sein des différentes chambres professionnelles du Royaume. Revêtant une importance particulière, ces élections conduiront par la suite à l’élection de 20 membres de la Chambre des conseillers. En effet, selon les nouvelles lois en vigueur, la deuxième Chambre du Parlement, composée de 120 membres, sera composée de représentants des chambres professionnelles (20), de la Confédération générale des entreprises du Maroc (8), des syndicats et des représentants des salariés (20) et des membres des municipalités et conseils ruraux (72).