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Le CESE déplore l’absence d’une démarche structurelle globale de lutte contre les changements climatiques

Le Conseil économique, social et environnemental vient d’émettre une série de recommandations pour améliorer la gestion du dossier des changements climatiques au Maroc. Le Conseil pointe du doigt l'absence de démarche structurelle globale pour intégrer le risque climatique en amont de la conception et de la planification à moyen et long terme des stratégies sectorielles. Le CESE observe une faible prise de conscience de la problématique climatique au niveau national et particulièrement auprès des élus et des syndicats.

Le CESE appelle à développer et valoriser la recherche, l’expertise et la vigilance dans les domaines du changement climatique.

30 Octobre 2015 À 20:16

Le Maroc a déployé de grands efforts en matière de la lutte contre les changements climatiques. Mais il lui reste encore un long chemin à parcourir afin de relever les défis ayant trait à cette menace planétaire. C’est le constat dressé par le Conseil économique, social et environnemental qui a examiné en autosaisine le thème «Politiques et mesures d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets au Maroc». D’après le rapport qui a été discuté jeudi par les membres du CESE, l’analyse des stratégies sectorielles au regard de leur prise en compte de l’évolution du risque climatique et des vulnérabilités climatiques des territoires montre que «malgré les avancées réalisées par quelques secteurs, il manque une démarche structurelle globale pour, d’une part, intégrer le risque climatique en amont de la conception et la planification à moyen et long terme des stratégies sectorielles et, d’autre part, réviser d’une manière dynamique les orientations des politiques sectorielles en fonction de l’évolution des vulnérabilités climatiques des territoires». Le Conseil préconise, en premier lieu, d’optimiser la gouvernance institutionnelle de la politique «climat» à travers, entre autres, l’institutionnalisation par décret d’un comité de coordination interministérielle pour l’implémentation de la politique de lutte contre le changement climatique du Maroc et rendre opérationnel le Conseil supérieur de l’eau et du climat.

L’accélération du processus d’adoption par le Conseil du gouvernement du projet de la Stratégie nationale de développement durable s’avère nécessaire ainsi que la mise en œuvre de son axe stratégique relatif à la lutte contre le changement climatique. L’objectif est de déclencher le processus de mise à jour de l’ensemble des politiques sectorielles en intégrant les dimensions de durabilité et le risque climatique. Le CESE insiste également sur l’impératif de mettre en œuvre des actions prioritaires pour une meilleure intégration de la dimension changement climatique dans les secteurs économiques clés.  Le Conseil de Nizar Baraka recommande aussi de développer une meilleure résilience des territoires et des villes face aux effets du changement climatique. Cela passe par l’intégration du risque climatique dans le projet de loi n° 50.13 relatif à l’aménagement du territoire et du profil des vulnérabilités spécifiques de chaque territoire dans les schémas d’aménagement des territoires et dans les documents d’urbanisme, en accordant une vigilance particulière aux territoires sensibles. Il s’agit aussi de responsabiliser davantage les élus des collectivités territoriales en matière de lutte contre le dérèglement climatique en les incitant à élaborer leurs plans climat territoriaux et locaux. À ce titre, le rapport observe une faible prise de conscience de la problématique climatique au niveau national et particulièrement auprès des élus et des syndicats.

 Le CESE appelle, par ailleurs, à développer et valoriser la recherche, l’expertise et la vigilance dans les domaines du changement climatique et à mobiliser et impliquer efficacement l’ensemble des acteurs de la société civile. Il faut également, selon le Conseil, profiter des opportunités économiques créées par la lutte contre le changement climatique «climate-chance». À ce titre, il y a lieu de développer l'économie verte afin de profiter des opportunités en termes de croissance et d’emplois ayant trait à ce domaine. Les pouvoirs publics sont appelés à installer des systèmes de vigilance en vue de faire face aux différents enjeux, à commencer par le volet sécuritaire : alimentaire, biens des populations, alimentation en eau potable, santé. 

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