18 Décembre 2015 À 17:39
Les violences actuelles qui secouent le Burundi sont liées notamment à la candidature controversée de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat, alors que la Constitution burundaise limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Le texte de la résolution du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, approuvé à l'unanimité des 47 membres du Conseil, demande au Haut Commissariat aux droits de l'Homme «d'organiser et d'envoyer d'urgence sur place une mission composée d'experts indépendants». Présenté par les États-Unis, le projet de résolution fait état d'exécutions extrajudiciaires et demande aux autorités burundaises de permettre aux enquêteurs indépendants de «faire leur travail pour traduire en justice les auteurs des violations».
La commission d'enquête devra faire un premier point de la situation devant le Conseil au cours de sa session de mars prochain à Genève. Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a exhorté la communauté internationale à agir de manière «décisive» afin d'éviter une guerre civile au Burundi qui pourrait avoir des conséquences régionales. Au moins 400 personnes ont été tuées depuis le 26 avril et le bilan des morts pourrait être beaucoup plus élevé. Parmi ceux-ci, le nombre de personnes sommairement exécutées pourrait aller jusqu'à 68, selon l'ONU. Al Hussein a mis en garde contre le «risque grandissant et alarmant de régionalisation du conflit» et insisté sur la nécessité pour tous les États, en particulier pour les pays voisins, de jouer un rôle constructif pour permettre une désescalade de la situation.