31 Juillet 2015 À 16:33
Nouvelle ombre sur le plan d’aide à la Grèce. Jeudi, le Fonds monétaire international a affirmé que sa participation était en suspens et le resterait sans engagement «concret» des Européens à alléger la dette d’Athènes. «Ce n'est toutefois pas la seule condition posée par le Fonds monétaire international (FMI) pour participer au troisième renflouement de la Grèce depuis 2010 : Athènes devra également adopter un paquet “complet” de réformes», a déclaré un haut cadre de l'institution, cité par l’AFP. «De décisions difficiles sont requises des deux côtés» et «le FMI ne participera qu'une fois que ces deux conditions seront remplies», a mis en garde ce responsable sous couvert de l'anonymat, assurant toutefois que cela «prendra du temps» et, sans doute, plusieurs mois.
Cette déclaration intervient en pleine négociation à Athènes entre le gouvernement grec d'Alexis Tsipras et les hauts représentants des créanciers à savoir l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI, visant la finalisation de l'accord sur le nouveau prêt au pays d'ici le 20 août, date à laquelle Athènes doit rembourser 3,2 milliards d'euros à la BCE. Le FMI admet lui-même qu'il ne participe pas en «simple spectateur» à ses discussions avec le gouvernement grec, qui ont péniblement commencé cette semaine sur fond d'un climat d'incertitude en Grèce, où des élections générales anticipées pourraient être convoquées. Toutefois, la réserve du FMI pourrait poser un problème de taille à certains pays européens, Allemagne en tête, qui ont fait de la présence du FMI une des conditions à un possible plan d'aide de quelque 86 milliards d'euros à Athènes.
Or la dette grecque, qui flirte avec les 170% du produit intérieur brut du pays, ne pourrait remplir les critères du FMI que si les Européens consentent un allègement «important», a redit la patronne de l'institution Christine Lagarde mercredi. Rappelons que la majorité du comité central du parti de gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras a voté jeudi soir en faveur de la tenue d'un congrès extraordinaire en septembre, approuvant la proposition du Premier ministre grec qui vise à définir une position commune sur l'accord avec les créanciers. «Avec ce vote, Alexis Tsipras, également dirigeant de Syriza, semble avoir gagné son pari vis-à-vis des frondeurs du parti, qui souhaitaient un congrès avant même la finalisation de l'accord», affirme l’agence française. Son objectif est de préserver l'unité de son parti après l'opposition de certains membres de Syriza contre l'accord passé le 13 juillet avec ses créanciers sur un nouveau prêt international, accompagné de la poursuite d'une politique de rigueur.