Fête du Trône 2006

Les prix pratiqués ne sont guère plus chers que l’offre des concurrents qui proposent des vols avec une à deux escales

Certains Marocains résidant aux États-Unis d’Amérique et au Canada montent au créneau ces jours-ci pour critiquer, voire dénoncer, les tarifs pratiqués par Royal Air Maroc sur les vols reliant l’Amérique du Nord au Maroc. Pour voir plus clair dans cette affaire, il a fallu comparer et analyser les tarifs pratiqués par Royal Air Maroc et ceux proposés par les concurrents sur des vols similaires depuis les grands moteurs de recherche mis à la disposition de la clientèle sur Internet. Il était également nécessaire d'étudier tous les paramètres liés aux capacités du marché de transport aérien entre l’Amérique du Nord et l’Europe-Afrique pour essayer de comprendre comment les opérateurs définissent leurs tarifs et pourquoi ceux-ci varient d’une saison à une autre et d’une zone géographique à une autre.

Royal Air Maroc opère sur un marché marqué par un effet de saisonnalité pénalisant pour la compagnie.

10 Août 2015 À 18:47

Tout d’abord, il faut souligner que le marché du transport aérien est libre depuis la signature par l’État marocain de plusieurs accords d’open sky. Royal Air Maroc opère donc sur un marché libéralisé et très concurrentiel. Les clients bénéficient d’offres pléthoriques de la part de plusieurs opérateurs. Par conséquent, la compagnie nationale est obligée de proposer des prix compétitifs. Il n’empêche que les prix de Royal Air Maroc sur l’ensemble de l’année sont largement compétitifs et comparables aux prix pratiqués par les compagnies régulières entre l’Europe et les États-Unis. En procédant à différentes simulations, il s’avère que les prix pratiqués ne sont guère plus chers que l’offre des concurrents qui proposent des vols avec une à deux escales.

La comparaison a été élargie aux vols États-Unis/Europe (Espagne et Belgique, pris pour exemples aux mêmes dates). Ces derniers coûtent 100 euros de plus ou de moins en moyenne, le même prix que celui proposé par RAM à destination du Maroc.

Certains Marocains résidant en Amérique seraient-ils éventuellement impressionnés par les tarifs sacrifiés de certaines méga-compagnies américaines, sur des liaisons intra États-Unis ou intra Canada ? En tout cas, certains comparent les prix de Royal Air Maroc avec les prix pratiqués par des compagnies aériennes sur des vols reliant les villes américaines ou les villes canadiennes. Il faut savoir cependant qu’en Amérique, les compagnies aériennes qui assurent les vols intra-américains bénéficient de plusieurs facteurs. D’abord, ils opèrent sur un marché industriel où la demande est forte sur toute l’année. Ensuite, ils ont des coûts très bas par rapport à leurs concurrents dans le reste du monde. Les salaires de leur personnel navigant, notamment les pilotes, sont largement inférieurs à ceux de la compagnie Royal Air Maroc. Ces opérateurs utilisent en outre des avions d’une moyenne d’âge de plus de 20 ans. Rien à voir avec la flotte de la compagnie aérienne marocaine, jeune et surtout très moderne avec les B787-Dreamliner et les B767.

Pour réduire davantage les charges de leur activité, ces compagnies américaines et canadiennes offrent des services bas de gamme, même sur les vols long-courriers. Tous ces facteurs permettent à ces opérateurs de proposer des tarifs compétitifs pour faire face à la concurrence qui est très rude sur ce marché.

A contrario, Royal Air Maroc opère sur un marché marqué par un effet de saisonnalité pénalisant pour la compagnie. Autrement dit, la compagnie assure des vols réguliers entre le Royaume et l’Amérique du Nord pendant toutes les périodes de l’année aussi bien en pointe qu’en basse saison. Aussi, en dehors des périodes de forte affluence (vacances d’été), Royal Air Maroc continue à opérer ses vols et à des prix abordables, nonobstant des taux de remplissage faibles. «Fidèle à ses engagements d’entreprise publique et citoyenne vis-à-vis des pouvoirs publics et vis-à-vis de la communauté marocaine établie à l’étranger, la compagnie ne s’est jamais laissé tenter par les décisions opportunistes de fermer provisoirement les vols pendant les périodes de basse saison, ce qui est monnaie courante chez les compagnies aériennes opérant au Maroc», indique un responsable de la compagnie. En plus, le transporteur aérien national propose un service de qualité sur les vols transatlantiques. «Sur des vols de plus de 6 heures, nous optons pour les standards de qualité les plus exigeants», souligne la même source. 

Copyright Groupe le Matin © 2026