04 Mai 2015 À 16:03
Initiée en collaboration avec le Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF) et la Fondation OCP, la journée d’études autour du patrimoine et de la culture marocaine avait pour ambition de sensibiliser le grand public à l’importance de l’appropriation et de la valorisation du patrimoine ancestral. Animé par les chercheurs que sont Saïd Yaktine, Hassan El-Moudden et Mohammed Fakhreddine, ce forum a permis de dresser l’état des lieux du patrimoine en tant que composante essentielle de l’identité nationale et d’aborder l’avenir de la culture sous toutes ses formes.
À ce titre, l’unanimité s’est dégagée sur le peu d’intérêt accordé au patrimoine et à la chose culturelle comme en témoigne notamment l’absence de publications spécialisées et de départements en charge du patrimoine culturel marocain dans nos universités. Extrêmement riche, diversifié et multiforme, le patrimoine marocain se distingue par son prolongement tant historique que géographique (Al-Andalus et Afrique du Nord) et par son ouverture sur le patrimoine arabo-islamique auquel les Marocains ont apporté une contribution considérable, ont fait observer les conférenciers, pour qui le patrimoine national est un ensemble multiple qui a su allier les dimensions historique et contemporaine.
Ils ont, dans ce cadre, mis l’accent sur la nécessité de faire davantage prendre conscience, en particulier chez les jeunes, de la grande importance du patrimoine et de sa sauvegarde, de sensibiliser aux menaces qui pèsent sur lui, de promouvoir l’éducation à la protection des espaces et des lieux de mémoire et d’encourager la recherche sur cette composante primordiale de l’identité marocaine.
La richesse de la culture marocaine a été également mise en valeur. Au Maroc, creuset de cultures diversifiées et très anciennes, chaque région, chaque ville et chaque village constituent un espace culturel particulier, avec des spécificités culturelles et parfois linguistiques, soulignent-ils, estimant que cette culture est réputée orale et que les contes, les proverbes, le chant, la musique et les arts du spectacle renferment autant de corpus d’une grande richesse.
Les conférenciers ont fait aussi remarquer que la culture savante (à base d’écriture) au Maroc essaie de se frayer un chemin et de s’imposer, la culture populaire occupe une place de choix de par sa diversité rayonnante et son rôle de premier plan de réservoir de la mémoire nationale et que la culture de masse (forme liée à la société contemporaine et véhiculée notamment par la télévision) se cherche encore.