Spécial Marche verte

Moins de 1% du fonds de cohésion sociale bénéficiera aux personnes handicapées

L’Union nationale des associations œuvrant dans le domaine du handicap mental (UNHAM) et les associations adhérentes ont participé le 16 juin 2015 à une journée consultative organisée par le ministère de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social sur la proposition dudit ministère sur le cahier des charges des conventions sur les personnes en situation de handicap. Les attentes ont été plus que déçues, selon l'ensemble des associations qui militent depuis toujours pour le handicap.

La prise en charge des enfants handicapés reste toujours en deçà des besoins.

10 Juillet 2015 À 17:56

L'amélioration des conditions de scolarisation des enfants en situation de handicap et «l’appui à l’insertion professionnelle et aux activités génératrices de revenus» financés par le fonds de la cohésion sociale ne sont pas encore pour demain. Les associations présentes ont exprimé leur grande déception et leur indignation face au contenu des cahiers des charges et face à la non-prise en compte, dans ces propositions, de la situation réelle des personnes handicapées au Maroc.

L’enveloppe de la dernière subvention d’appui à la scolarité était de 16 millions de dirhams et provenait du budget du ministère du Développement social. Cette année, et ce pour la première fois, le budget réservé à «l’amélioration des conditions de scolarisation des enfants en situation de handicap» provient enfin du fonds de cohésion sociale. Il est d’un montant de 25 millions de dirhams, ce qui ne représente que 1% du montant global du fonds de cohésion sociale.

Cette enveloppe ne couvrira le coût de la prise en charge que de 2.500 personnes en situation de handicap à travers tout le pays, y compris ceux qui sont scolarisés en classes intégrées. Pour rappel, selon l’enquête nationale de 2004, le Maroc compte environ 1.530.000 personnes en situation de handicap, et ils sont aujourd’hui, 11 ans plus tard, forcément beaucoup plus. Les participants ont également exprimé leur étonnement devant le fait que le coût de la prise en charge ait été calculé selon un cahier des charges établi par le ministère sans aucune consultation préalable des associations. Ce coût, selon le ministère de tutelle, se situe entre 824 et 1.200 DH. Il sera la contribution du ministère à la prise en charge de 2.500 enfants qui répondront aux 2 critères majeurs suivants : être porteur d’un handicap lourd et être indigent, comme précisé plusieurs fois dans la convention.

Les autres critères cités par les représentants du ministère priorisent les enfants infirmes moteurs cérébraux et autistes, qu'ils estiment avoir été laissés de côté pendant trop longtemps. L'éloignement est également un critère déterminant : les responsables de ces projets considèrent, en effet, que la prise en charge d’un enfant handicapé coûte beaucoup plus cher dans les régions lointaines que dans les grandes villes. Ils justifient cela par le fait que les spécialistes qui ont à travailler avec ces enfants sont établis loin des petites villes et leur présence coûterait dès lors plus cher, compte tenu des frais inhérents à leurs déplacements vers ces dernières. Pourtant, une simple comparaison des grilles des salaires dans les villes montrerait que les salaires des professionnels exerçant leur métier dans les grandes villes sont beaucoup plus élevés dans les petites villes.

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