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Quand les garages de mécanique dictent leur loi

Certains garages de mécanique automobile ou de tôlerie du Grand Casablanca ne respectent aucune norme de sécurité et mettent en danger la vie des riverains à cause de la présence de produits nocifs et inflammables.

Certains garagistes occupent les trottoirs et bloquent le passage aux passants et aux véhicules des riverains.

08 Juin 2015 À 16:57

Le problème de l’occupation du domaine public est loin d’être résolu au niveau du Grand Casablanca. Selon un responsable communal, les autorités locales resserrent l’étau sur les fraudeurs ; néanmoins, il faut beaucoup de travail et de collaboration de la part de tous pour éradiquer ce fléau. En effet, les étalages ont diminué au niveau de certaines artères, où les terrasses de café ont reculé de quelques mètres, mais le problème se pose toujours pour les magasins et échoppes qui continuent à bloquer la circulation et à interdire l’accès des rues aux riverains. Pire, certaines activités où l’utilisation de produits dangereux est nécessaire pullulent dans les quartiers résidentiels de Casablanca. Quid des autorisations délivrées pour l’exercice de ce genre d’activités ?C’est le cas des garages de mécanique automobile qui occupent les trottoirs et bloquent le passage aux passants et aux véhicules des riverains. Dans un quartier de la métropole, qui était paisible jusqu’à ce qu’un garagiste s’installe, les habitants ne savent plus à quel saint se vouer. «Le propriétaire occupe non seulement l’espace public avec toutes les voitures en réparation, mais il dépose également des produits dangereux en dessous des habitations…», déplore un habitant dudit quartier.

Et d’ajouter que les riverains se sont plaints auprès des autorités locales, en vain. «Nous avons déposé des plaintes collectives et individuelles. La police et des agents de l’autorité locale se sont déplacés sur place pour constater les faits, ils ont enlevé les véhicules qui bloquaient la route, mais peu de temps après le gérant a récidivé», indique un voisin du garage en question. Ce dernier se plaint également des ordures qui s’entassent devant le magasin ainsi que des nuisances sonores causées par le garage : «Outre le bruit et la fumée des véhicules en réparation, on doit supporter la présence de bonbonnes de produits dangereux et inflammables. Pire encore, le gérant laisse le garage ouvert le soir et tous les délinquants du quartier le squattent».Face à cette situation, les habitants ont alerté la police de l’environnement qui ne tolère pas la présence de produits nocifs près des habitations.

«Il faut des sanctions sévères pour éviter toute récidive», affirme un jeune riverain. Selon un responsable préfectoral, la commune est seule capable de retirer l’autorisation d’exercer certains types d’activité, car c’est elle qui la délivre. Ce dernier a rappelé que les activités des garagistes de mécanique et de tôlerie utilisent de nombreux produits toxiques par inhalation ou par contact cutané, comme les huiles, les carburants, les solvants, les fumées d'échappement...

De même, le risque d'incendie est important compte tenu de la présence de nombreux produits inflammables. Il est à noter que les garagistes professionnels de la réparation automobile (mécaniciens et carrossiers) sont les premiers exposés aux risques cancérogènes et chimiques et aux risques physiques dans les ateliers et cabines de peinture des garages. 

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